samedi 10 mars 2012

Ecuador 2012 - Chilcapamba - Alfonso Morales

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18- 22  février 2012

Dès notre arrivée à Chilcapamba, j'ai tout de suite remarqué l'importance de l'indigène qui nous héberge. Les habitants de Chilcapamba le saluent chaleureusement, serrent sa main longtemps, lui demandent conseil et l'écoutent d'une oreille attentive quand il parle. Lors des travaux communautaires (la minga) les participants laissaient même tomber un peu leur principe de démographie directe pour écouter Alfonso. Lors de notre visite à Cotacachi, et quand il est venu nous voir à Otavalo, les gens l'arrêtaient dans le rue pour lui parler, le remercier, lui serrer la main. J'étais impressionnée.

Alfonso à Cotacachi (habit traditionnel)
Plusieurs fois, au cours des discours ou lors de nos conversations, Alfonso a affirmé qu'il n'avait pas étudié très longtemps mais qu'il faisait tout e qu'il pouvait pour aider sa communauté. Bien sûr, il y a longtemps que je fais la différence entre l'instruction scolaire, qui ne donne rien si t'as rien dans la tête, et l'intelligence qui permet de réfléchir et de prendre une place intéressante dans la société. Alfonso est intelligent. De plus, il met son intelligence au service de sa communauté. Il est bon et généreux. Il a à coeur la survie de la culture quechua.

Dès mes premières conversations avec lui, il a gagné mon respect. Son calme et la profondeur de ses propos m'ont touchée. Je voulais en savoir plus sur lui.

Pendant mon séjour, même s'ils sont très peu vantard, même pour leurs concitoyens, j'ai réussi à glaner quelques informations sur ce personnage.


 Entre autre, il a déjà été président de Chilcapamba, juste avant Juanita, pendant trois ans; j'ai pu aussi savoir qu'il a occupé d'autres postes pour la communidad de Chilcapmaba et les autres communidades autour; quand j'ai voulu avoir quelques détails, il a refusé de me les donner en riant en faisant signe de la main que ce n'était pas important; puis il a poussé la conversation vers les gens de son village, les artisans, les agriculteurs, le projet d'eau potable. J'ai apprécié son humilité et j'ai respecté son désir de ne pas parler de lui.

En ce moment, Alfonso est président du projet de l'eau potable pour la région, ce qui regroupe une dizaine de communidad. Noter qu'il y a probablement un président qui s'occupe du projet à Chilcapamba mais je n'ai pas retenu le nom.

Il a travaillé à titre de conseiller à la mairie de Cotacachi et le maire actuel (voir une prochaine publication) semble le tenir en haute estime.

Tout cela était déjà très intéressant.

Mais j'ai aussi compris qu'il avait récemment représenté les indigènes au Conseil des Droits de l'homme à l'ONU.  Il fallait que j'en sache plus.  Une recherche sur internet m'a donné quelques rencontres du conseil au cours duquel Alfonso a pris la parole :

liste des représentants de l'Équateur:
http://www.mmrree.gob.ec/representaciones/representaciones_ec.asp

Intervention sur la vérité, la justice et la réparation (projet de cuba)
http://www.ohchr.org/fr/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=11449&LangID=F

Intervention sur les changements climatiques et sur le sport et l'idéal olympique
http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=11456&LangID=F

Intervention sur la peine de mort, sur le droit à l'eau, la mortalité et la morbidité maternelles
http://www.aidh.org/ONU_GE/conseilddh/11/18_resol_28sept.htm

Intervention sur le débat général sur le racisme
http://www.aidh.org/ONU_GE/conseilddh/11/17_dgen_14_15juin.htm

Intervention suite au rapport sur la situation en Haïti
http://www.aidh.org/ONU_GE/conseilddh/11/17_rapp_p_haiti.htm

Bien qu'il n'en parlait presque pas, je suis certaine qu'Alfonso a très bien représenté son pays et son peuple au Conseil des droits de l'homme à l'ONU.

Par contre, lorsqu'on discutait de Chilcapamba, des indigènes d'Équateur, de son projet sur l'eau potable et sur la nécessité de garder la tradition indigène vivante, l'environnement, l'agriculture écologique et équitable, il était intarissable.

Ha! j'allais oublier! Alfonso est aussi président de l'Association pour la protection de la réserve naturelle Cayambe Coca qui regroupe plus de 40 communidades; Cayambe est un des nombreux volcan actif (5 785 mètres) situé dans la province du Pinchicha, à 70 kilomètres au nord-est de Quito et qui est situé sur la ligne équatoriale. Nous n'avons pas visité ce volcan et le ciel couvert nous a empêché de le voir, même de loin. Voici tout de même une belle photo tiré de Wikipédia. Cela donne envie d'y grimper. Vous trouvez pas?


Alfonso est également le président du club de sport de Chilcapamba. D'ailleurs, dans nos bagages, nous avions de nombreux ballons de football (succer) et des chandails pour les équipes de foot de la communidad.

Comme vous pouvez le constater, Señor Alfonso Morales est un personnage pour le moins intéressant. Cet homme est déjà grand dans ce monde qui n'a rien du comportement humble et paisible de ces peuples des Andes et qui fait tout pour les étouffer.

Bravo aux Alfonso de ce monde qui permettent à des gens comme moi, et nos jeunes québécois, de se ressourcer et de mieux comprendre nos origines. Parce qu'avant, les Européens avaient la même finesse sociale et humaine. C'est passé où ça? Est-ce que cela pourrait revenir un jour en se frottant un peu plus sur les Alfonso, les Juanita et les Ernesto de ce monde?


Peut-être. Mais ce serait long et cela nécessiterait un temps d'arrêt pour mieux y réfléchir et se laisser influencer.  Notre société, qui vit trop rapidement, laisse peu de place pour ce genre de réflexion. Au moins, avec notre voyage, 27 jeunes et 3 adultes se sont laissés influencer et développeront un regard neuf sur la vie et la société.

Merci Alfonso!

Plume

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1 commentaire:

  1. Nous avons eu la chance de séjourner chez Alfonso Morales en juillet 2011 et je partage entièrement l'opinion de Plume.

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