lundi 12 mars 2012

Ecuador 2012 - Chilcapamba - Le village

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18 février 2012

C'est en cette première journée de travaux communautaires que je me suis perdue.

Le village fait moins de deux kilomètres par deux kilomètres ... ouais! c'est comme se perdre dans un carré de sable. Vous avez le droit de rire.

Quand j'ai eu pris de nombreuses photos du site de travail communautaire, je ne voulais pas y rester en me croisant les doigts. Je ne pouvais pas faire ces travaux au pic et à la pioche mais je pouvais certainement retourner à la casa de Alfonso pour aider Lyne avec les autres tâches qui nous étaient assignées.

Bref, confiante de trouver mon chemin, j'ai décidé de retourner à la casa. Bien sûr, j'ai fait ce que nous disons aux jeunes de ne jamais faire; je suis partie seule.

La première partie du chemin s'est bien passée. J'ai reconnu la vallée à côté de laquelle nous avions passé au matin. Puis j'ai reconnu le premier détour.  Il faisait déjà chaud et, en raison de l'altitude, je prenais mon temps marchant lentement dans ce paysage enchanteur. Je vous les deux volcans, le Cotacachi et le Imbabura, qui bornent le paysage et qui m'aidaient plus à m'orienter que l'angle du soleil. Ils ont la tête dans les nuages.

Puis, je n'ai plus reconnu le chemin. Je me suis retrouvée au côté d'un immense ravin que je n'avais pas vu en venant. Je n'avais pas, non plus, trouvé le centre communautaire qui m'aurait bien indiqué que j'étais sur le droit chemin.

Comment pouvais-savoir qu'il y avait deux routes parallèles? comment pouvais-je savoir que j'étais sur la mauvaise?  Comment pouvais-je savoir que je n'avais qu'à passer au travers les champs à ma gauche pour trouver la bonne route ?

Bon, ce n'est pas très grand ici, mais par précaution,  j'ai cru bon de demander mon chemin.  J'ai rencontré une première dame qui m'a souri avec un magnifique "buenos dias" (Bonjour). Alors fière de pouvoir exprimer ma question en espagnol, je lui demande mon chemin. Elle me regarde avec un point d'interrogation dans le front. Elle ne comprend pas ce que je demande ... Bizarre. Je sais pourtant que ma phrase est correcte.

Je continue sur le même chemin.

Je rencontre une deuxième personne. Un autre sourire, un autre 'buenos dias" bien sonné. Je répète ma question. Un autre point d'interrogation dans le visage. Puis l'homme me dit "Kichwa?". Alors je comprends que les deux personnes que je viens de rencontrer ne parle que Kichwa. Oups! je ne parle pas Quechua. Je fais signe 'non' de la tête. Il me pose une question qui a l'air bien étrange; mais je comprends un mot, le prénom de notre hôte, Alfonso. Alors je répète Alfonso. Le vieil homme hoche de la tête et pointe ... dans la direction d'où j'arrive. 

Bon, il est clair que je me suis trompé de chemin. Par précaution, j'ai demandé à chaque personne que j'ai rencontré "Alfonso?". Chaque fois, la personne a levé la tête, comme pour écouter, puis elle a pointé dans une direction.

C'est ainsi que les villageois m'ont aidé à retourner .... à moins point de départ ... c'est à dire là où les jeunes travaillaient ... De bon coeur, je leur ai raconté mon escapade. Plus d'un on bien rit.

Un peu plus tard, c'est Juanita que est venue me reconduire à la casa de Alfonso. Elle m'a expliqué que très peu d'indigènes parlent l'espagnol. Les plus jeunes bénéficient de l'apprentissage à l'école. Mais les plus vieux ne parlent que le kichwa.

J'ai quand même apprécié cette marche que j'ai fait lentement en prenant le temps de faire de la photographie.






 C'est un très beau pays et les photos n'arriveront jamais à indiquer l'impression de grandeur sous le soleil, l'odeur de la végétation et des fleurs sucrées, les chants d'oiseaux. 

Durant cette marche, j'ai ressenti une grande paix et la chaleur de ce peuple; je n'étais peut-être pas sur le bon chemin, mais jamais je n'ai senti d'angoisse face à cet égarement; je me sentais accueillie et bien entourée. 

Oui, j'ai bien aimé cette marche qui fut la première dans ce magnifique pays mais non la dernière. 


Plume

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