dimanche 11 mars 2012

Ecuador 2012 - Chilcapamba - Projet d'eau potable

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18-19 février 2012

Bien sûr, nous étions en Équateur, plus précisément à Chilcapamba, pour participer à des travaux communautaires. Au cours des dernières années, les jeunes visiteurs du Québec ont participé à divers travaux, comme le nettoyage de canaux d'irrigation (pour les champs, les jardins et les animaux, la rénovation de l'église du village). Mais, chaque fois, l'argent apporté a été utilisé pour développer le projet d'eau potable.

Ce projet est mené par Alfonso qui est le président du comité de projet.

Ce ne sont pas des projets faciles à mener pour les communidades. D'abord parce que cela prend beaucoup d'argent et elles n'en ont pas. Ensuite, parce que les paliers de gouvernement semblent avoir des priorités différentes. Avec l'argent de cette année, la communidad a acheté l'équivalent de huit kilomètres de tuyaux.

Cette année, les jeunes ont eu le plaisir de travailler directement pour avancer le projet.

Bien sûr,  la journée du 18 février a commencé avec le lever, le déjeuner et, bien sûr, les discours

Puis, vers 8 h 30 nous sommes partis en file indienne, suivant Alfonso qui marchait lentement sur les rues du village et au travers les champs. Il réduisait sa vitesse de marche par considération pour nous. Lui, il était habitué à marcher à 2,600 mètres d'altitudes. Il ne faisait pas encore très chaud mais nous sentions le soleil vif sur notre peau. Nous avons marché sur une distance de deux kilomètres pour atteindre le fond d'un champ où certains indigènes étaient déjà au travail.

Bien qu'une mince couche de nuages couvrait régulièrement le soleil, nous étions couvert de crème solaire. De le 45 et de la 50. Pour nous, au Canada, c'est encore l'hiver et notre peau a déjà perdu son lustre bronzé de l'été dernier.  Mais aussi, il faudra appliquer la crème plusieurs fois dans la journée, surtout sur les peaux plus pâles et fragiles, parce qu'à cette altitude, la couche d'atmosphère qui protège des ultra-violets est plus mince; si on ne veut pas brûler, il faut protéger notre peau.

Nous transportions tous une gourde à eau. Toute la journée Denis répétera aux jeunes de boire de l'eau régulièrement. En altitude, on se vide rapidement de notre eau corporelle et, si on ne boit pas suffisamment, il des risques de déshydratation, même si la température se tient sous les 20 C.

Quand nous avons marché dans le village, je n'avais pas assez de mes deux yeux pour voir tout ce qu'il y avait autour de moi.  Nous étions en montagne, je voyais, cachés en partie par les nuages, les volcans Imbabura (l'homme) et le Cotacachi (la femme) (voir un prochain blog sur la légende). 

Puis, c'est au travers d'un champ de maïs que nous avons passé pour rejoindre un groupe d'indigènes qui étaient déjà en train de creuser la tranchée. Les travaux communautaires prévoyaient de creuser une tranchée sur huit kilomètres de long, 80 cm de large et un mètre de profond qui permettra d'enfouir le réseau d'aqueduc pour l'eau potable.

Très vite, Alfonso a mis les jeunes au travail, au travers les indigènes. J'ai compris très vite que Thierry et Carlos, en bons équatoriens, allaient aussi participé à ce travail communautaire. Je ne pouvais faire ce travail lourd. Alors, j'ai utilisé ce temps pour prendre des photos et prendre des notes. Presque tous les indigènes ont acceptés que je les prenne en photos. Bien sûr j'ai respecté les refus de certains qui venaient parfois de leurs croyances indigènes; on croyait que je volerais leur âme avec la caméra. Comme la plupart des membres de la communidad sont catholiques, ils ont accepté avec un grand sourire. Deux femmes que j'avais pris sur la même photo ont même demandé que je les prenne une à une, seule sur la photo. Ceci fera partie d'un album que Denis composera au retour et que nous retournerons à Chilcapamba. Voici quelques photos des travaux:

Les indigènes au travail. Remarquez les habits types des Andes équatoriennes.




Les prochaines photos montrent des personnes qui m'ont spécifiquement demandé des photos d'eux-mêmes et ils ont "pris la pause" .







 





Bien sûr il y avait Alfonso ....














Ah! Le jeune Victor ... qui a fait soupirer plus d'une fille au cours du voyage .... C'est vrai qu'il est beau.

Victor est aussi le fils aîné d'Alfonso et Franscesca
















Et voilà Carlos notre chauffeur!

Et oui, il a travaillé aussi fort que les indigènes!


Vous remarquerez que je n'ai pas de photo de Thierry qui a travaillé tout aussi fort. J'ai tout simplement respecté son souhait de ne pas apparaître sur les photos ....







Comme j'ai eu quelques questions à ce sujet, je rappelle que je n'ai pas la permission de mettre des photos pouvant identifier les jeunes québécois sur mon blogue. Ils sont mineurs et même s'il me donnait la permission, je ne peux légalement le faire sans la permission expresse de leurs parents. Ce serait un peu compliqué; ainsi Denis et Lyne m'ont demandé de ne pas mettre de photos sur mon blogue puisque ce dernier est du domaine public.

Les résultats des travaux communautaires .... sachez que cette tranchée a été creusée dans le sable, la roche et les racines. Pas facile du tout!



Les jeunes ont travaillé dur sous la chaleur de la journée et en cherchant continuellement leur souffle. Alfonso était content du résultat.


oups! il y un pouce là !!! 
 

Le lendemain, il y aurait plus de monde. En effet, la communidad avait décrété jours de 'minga' pour le dimanche et le lundi suivant; 'minga' est un mot Kichwa qui représente une tradition sud-américaine andaise de travaux communautaires à des fins sociales. D'ailleurs nous avons entendu l'appel par les hauts-parleur de la communidad.

Alors, demain, tous les membres de la communidad devront participer au creusage de la tranchée qui portera le réseau d'aqueduc. Si, pour une raison ou une autre, certains ne peuvent participer à la minga, ils payeront une amende à Alfonso. Cet argent ainsi ramassé ira s'ajouter au fonds pour le projet d'eau potable. Cette minga est décrétée deux, parfois trois fois par année.

 En tout, les jeunes auront travaillé deux longues journées au côté des indigènes.

 Je suis certaine qu'en lisant cette publication, certains nord-américains et certains européens se diront que le travail aurait été plus facile avec la machinerie adéquate. Peut-être que cela aurait pris moins de temps pour faire les huit kilomètres de tranchée qui ont été creusé en deux jours. Mais une "pépine" aurait mis sans dessus de sous les champs de maïs pour accéder au lieu de travail. Puis, les indigènes ne peuvent pas se permettre de dépenser autant de sous pour faire faire ce travail autrement qu'à bout de bras. En plus, ils font un travail aussi dur tous les jours.

Puis, c'est un autre moment de communication entre les membres de la communidad.  En effet, si nous aimons mieux porter des casques qui empêchent les sons des pépines nous briser les oreilles, eux travaillent aux sons des oiseaux et du vent qui fait gigoter les plants de maïs autour de nous. Ils en profitent donc pour communiquer avec la nature, se serrer la main, s'embrasser, parler au petit, apprendre aux plus jeunes comment travailler. Ces mingas font partie intégrante de la vie dans les communidades.

Je pense que j'aime mieux leur méthode que la nôtre .....


Plume

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