dimanche 22 avril 2012

Ecuador 2012 -Le retour au Canada

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1 mars 2012 (jeudi)


Les cadrans ont sonnés à 06 h00.  Nous nous sommes levés, nous nous sommes habillés et, tant qu'à descendre 3 étages, nous avons descendu les bagages avant d'aller déjeuner.

06 h 30 Ce matin, le déjeuner comprend des rôties, de la confiture, des oeufs brouillés du jus, du café et des bananes. Nous n'avions pas beaucoup de temps pour déjeuner et je trouvais les jeunes très sages et très silencieux. Etaient-ils moroses de quitter l'Équateur?

Puis j'ai remarqué qu'ils avaient tous leurs I-pod sortis et qu'ils étaient en train d'écrire .... Ils avaient trouvés bien plus vite que moi le code pour accéder au Wifi. Bon, c'est le temps de faire un peu de Facebook et prendre ses courriels et écrire à la maison. Alors nous étions bien silencieux et concentrés sur la tâche; les réseaux sociaux nous avaient rattrapés.


07 h 00 L'autobus est prêt à partir. Les bagages sont tous dans la soute à bagages.

Dans l'autobus, les jeunes sont toujours aussi silencieux. Pourtant, il n'y a pas de wifi dans l'autobus.

Est-ce que leur silence exprime qu'ils dorment encore à cette heure matinale?

Non, c'est parce que nous savons que le temps des derniers adieux approche.

Puis, alors que nous étions à l'aéroport, en possession de nos bagages, prêts à partir, ce fut le temps des larmes. A tour de rôle, nous avons serré fort dans nos bras Thierry et Carlos, ne sachant pas si nous les reverrons un jour.  Si le voyage nous a si profondément marqués, c'est certainement grâce à ces deux-là. Ils se sont assurés que nous vivions le plus de belles expériences possibles dans ces 15 jours, et ce, en toute sécurité.


 09 h 45  Les bagages en consigne étaient déposés, nous avions passé la sécurité de l'aéroport, nous avions aussi passé l'immigration équatorienne et nous avions nos cartes d'embarquement. 

Nous nous sommes assis dans le secteur d'embarquement après que nous ayons pris quelques minutes pour visiter quelques boutiques hors taxes et faire quelques achats de dernières minutes.

J'en ai profiter pour faire, des yeux, un tour d'horizon pour regarder les jeunes. Je sens leur manque d'entrain. La fatigue du voyage commencerait-elle à se faire sentir?

Puis, je comprends qu'ils ressentent la même chose que moi. Leur coeur balance entre rester en Équateur encore quelques temps et le besoin de revoir les nôtres et de reprendre notre vie mouvementée dans une ville et un pays qui bousculent notre temps et notre sérénité.

Pourquoi est-ce si difficile? 

Parce que nous aurions aimé que ce voyage se poursuive encore quelque temps, pour poursuivre nos apprentissage. Mais à la fin, nous savons que ce voyage nous aura marqué profondément et que nos apprentissages ne sont pas encore terminés. Cette expérience nous a fait grandir un peu plus et l'effet continuera encore quelques temps. De retour au Canada, malgré le retour aux études ou à la vie un peu trop rapide de Montréal, nous prendrons le temps d'intégrer tous ces apprentissages et, par la mémoire de notre voyage, nous laisserons notre perception de la vie continuer de changer. 

Puis, nous avons pris place dans l'avion. Quelque part j'avais hâte que l'avion décolle, que le voyage de retour se fasse. Mais j'avais aussi le coeur gros. Je quitte un pays qui m'a gardé tout le temps hors de ma zone de confort mais que j'ai appris à aimer.

Puis l'avion a décollé. J'ai vu défiler les terres, puis l'océan. J'ai retenu mes larmes, concentrant mes pensées pour les notes que je n'avais pas fini d'écrire. Mon calepin comprend plus de 115 pages écrites serrées. Mais il y a au moins un millions de mots dans ma tête.

15 h 00. Nous arrivions à Miami. Nous avions un temps d'attente de quatre heures.  Bien sûr, une partie de ce temps nous le passerons dans les dédales de la sécurité de l'aéroport, où nous y trainerons nos bagages. Pourquoi les États-Unis forcent-ils les passagers en transit, en provenance d'autres pays à dédouaner leurs bagages même si les passagers ne restent pas chez eux? Je voyage beaucoup et je n'ai jamais vu cela ailleurs. Paranoia? Excès de sécurité? Difficile de le dire. Mais eux, en Américain qu'ils sont, ils sont certains d'avoir raison.

Une fois le processus de transfert effectué, les jeunes sont laissés libres dans la zone sécuritaire. Mais il faut garder les yeux sur le tableau qui informent sur les portes d'embarquement qui, à Miami, changent souvent.

Puis nous avons embarqué dans l'avion et j'ai réalisé que le prochain arrêt est à Montréal. Mon coeur flotte un peu. Puis j'ai dormi.

Quand l'avion a atterri à Montréal, que nous avons eu passé la sécurité et la douane, c'était déjà le 2 mars 2012. Le voyage était fini.

Quand nous avons passé la grande porte, il y avait les parents qui attendaient les jeunes. Je voyais dans leurs yeux le bonheur de revoir leur enfant mais la réalisation que quelque chose avait changé chez eux. S'il n'avait pas grandi physiquement durant ces deux semaines, ils passaient tous la porte avec un air de maturité et de confiance qu'il n'avait pas en partant.

Puis je me suis rappelée un autre voyage, en juillet 1999, l'aéroport de Montréal, un avion qui revenait su Salvador. Mon fils revenait d'un voyage humanitaire. Je me rappelle mes paroles dites à l'un des accompagnateurs : "Je t'ai prêté mon enfant et tu m'as ramené un homme". Les changements étaient tellement visible que j'ai prononcé ces paroles avant même que Nicholas ouvre la bouche pour raconter de son voyage et de ses apprentissages. Puis, quand il a parlé, j'ai compris que ce changement était beaucoup plus profond que j'aurais pu l'imaginer.

C'était la même chose avec les jeunes de notre voyage.  Leur transformation ne faisait que commencer.

Pendant que Denis et Lyne faisait leur travail en parlant aux parents, en répondant à leurs questions et en s'assurant que tous les parents étaient présents, moi je réfléchissais. Ce voyage a peut-être changé ma perception de la vie mais il y a des choses qui ne changent pas :

  • Une douche chaude m'attendait à la maison; 
  • Mon lit douillet m'attendait; 
  • Demain je vais me réveiller chez moi; 
  • Bientôt je vais parler aux enfants, à nos petites filles; 
  • Est-ce que la batterie de mon IPad est encore chargée?
Je savais que ce voyage se poursuivrait encore quelques temps en format virtuel. Parce qu'il m'a transporté dans un monde différent, j'ai rencontré des gens très attachants. J'ai réalisé encore plus que je fais partie de ces gens privilégiés de la planète.

Puis j'écrirai. D'abord des publications sur mon blogue. Puis après, je verrai si ces publications simples satisferont mon besoin de raconter ce voyage.

Plume


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2 commentaires:

  1. Félicitations Plume, tu m'as tenue en haleine tous les jours et je vous ai accompagnés en pensée et en image ces dernières semaines.Tu écris vraiment bien et tu sais bien organiser ta pensée. Merci

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    1. Merci pour les bons commentaires et je suis contente que tu aies aimé ces publications. Quand à moi, il ne me reste qu'une dernière publication sur le sujet qui sortira demain, puis il ne me restera que le rêve d'y retourner.

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