mardi 17 juillet 2012

Gaspésie 2012 - Le mont Jacques Cartier

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11 juillet 2012

Ouais. Son sommet trône à une altitude de 1284 mètres dans les airs et c'est le plus haut mont du parc de la Gaspésie et le deuxième plus haut mont du Québec. C'est le mont Jacques Cartier, mon deuxième défi de la semaine.

Ce mont est également ma dernière grimpée importante de la semaine. J'ai le coeur qui flotte. Je suis contente de pouvoir monter à nouveau cette montagne que j'ai toujours trouvé magnifique. Mais je suis remplie d'appréhension parce que je sais que ce sera difficile.

Dès notre réveil, la journée s'est présentée avec un air magnifique. Le ciel était bleu et quelques nuages blancs s'étiraient lentement le long de l'horizon. Nous avons déjeuné au gîte et, tout notre barda de montagne sur notre dos, bâtons en main, chapeau sur la tête, nous avons marché lentement les 300 mètres qui séparent le gîte du Mont Albert du centre de découverte.

C'est de cet endroit, à 09 h tous les matins d'été, que part l'autobus scolaire qui transporte les marcheurs vers la montagne. Il y a 42 kilomètres de chemin de gravelle pour nous rendre dans le secteur de la Galène et, croyez-moi, il est préférable de payer les 17 dollars pour prendre l'autobus que de faire la route en auto. Le trajet prend 45 minutes et nous sentions les marcheurs heureux de ce début de journée. Nous en avons profité pour jaser avec les jeunes qui étaient assis juste devant nous. Par leur accent nous les savions Français. Au fil de nos conversations, nous avons compris qu'ils étaient en résidence à Montréal pour une année. Aujourd'hui, ils allaient grimper la montagne avec un enfant de 7 mois, un magnifique garçonnet aux cheveux blonds et aux yeux bleus éclatants. Nous ne savions pas comment ils s'appellent et cela n'avait pas d'importance. Nous faisions tous partie de la grande famille des randonneurs et cela nous suffisait. Le reste n'avait aucune importance.


Une fois à la Galène, comme la montagne est un territoire protégé pour la survie des caribous, nous devons attendre 10h pour faire un dernier trajet de 4 kilomètres en autobus qui nous a finalement déposé au pied du sentier de 4,2 kilomètres qui monte au sommet du mont Jacques Cartier.

J'avais des fourmis dans les jambes et, si j'avais pu, je serais partie à la course, juste pour passer plus de temps sur ce sommet dénudé qui nous donne une vue magnifique sur 360 degrés sur les sommets du parc. Mais je devais prendre mon temps. La piste est raide. En montée, nous devions avaler 465 mètres de dénivellation en 4,2 kilomètres. C'est comme grimper une pente de 11% pendant plus de 4 kilomètres. Ouf! Même une auto en bonne condition y brûle beaucoup d'essence!!

Puis, quelques centaines de mètres dans la piste, je me suis rappelée pourquoi on l'appelait "le sentier aux cailloux". Quelque part, dans ma satisfaction d'avoir grimpé la montagne quelques fois et d'avoir savourer le plaisir d'être au sommet, j'avais oublié ce détail pourtant très important. La piste est remplie de cailloux de granites qui glissent sous les pieds et nous gardent en déséquilibre constant. Puis il y a les roches qu'il faut contourner ou enjamber, ainsi que les rochers à fleurs de sol que des géants malhabiles ont sculpté en marches difficiles à monter tant elles sont hautes, inégales et sans aucun sens de l'équerre.




Puis nous sommes arrivés à un petit plateau situé à moins de 1,8 kilomètres du sommet. Nous avions accompli plus de la moitié du sentier et nous pouvions prendre un moment de repos avant de poursuivre. C'était aussi le moment d'enfiler des pantalons longs et un coupe vent chaud. Ceux qui avaient des tuques et des gants étaient les plus chanceux. Car, sur la montagne, il fait froid aujourd'hui. Le thermomètre marque 8 C mais le facteur vent baisse la sensation de froid à - 3 C. Brr!

Habillés chaudement, nous avons gravi un escalier qui y a été installé par des humains en raison de la pente trop raide. En effet, la pente était très difficile à gravir et, par le travail constant des pieds, les roches déboulaient la pente parfois même en mettant en danger les randonneurs qui suivaient. Cet escalier nous mène sur le toit du parc et, quelque part, nous avions l'impression de marcher sur le toit du monde. Au sommet des marches de l'escalier, il restait encore 1,5 kilomètres à parcourir sur un terrain en apparence plus facile, si ce n'était des cailloux qui glissaient sous nos pieds et le vent fort qui nous ballottait sans merci de tout côté.


Courageusement, nous avons continué notre route en prenant le temps d'observer autour de nous, toutes ces belles montagnes. Il faisait beau malgré le froid et le vent. nous nous sentions bien.

Puis nous sommes arrivés au sommet et nous ressentions la satisfaction d'avoir réussi. Nous avions faim et c'est un peu à l'abri du vent, derrière un tas de roches, que nous avons pris un bon moment de repos.



La vue est belle et nous n'avons pas assez d'yeux pour tout voir autour.







Puis tous nos efforts ont été récompensés quand une femelle caribou et son petit ont traversé le sentier des caribous. Ils étaient trop loin pour qu'on puisse les prendre en photo mais le simple fait de les savoir là, à survivre, a jeté un baume sur nos âmes. La vie continue, même sur ces terres inhospitalières.

Puis c'était déjà le moment de laisser Denis poursuivre sa route vers la longue randonnée des McGerrigles. J'ai écrit l'an dernier sur cette longue randonnée.

http://lavieestbelle54.blogspot.ca/2011/07/gaspesie-2011-07-05-belle-journee-pour.html

Je me dis que l'an prochain je le ferai avec lui. Pour cette année, je dois réemprunter le sentier des cailloux pour descendre en bas de la montagne. Sachant que j'avais le temps, j'en ai profité pour prendre d'autres photos.
Des cailloux, beaucoup de cailloux...



De l'eau vive ....



Encore de la roche ....




En bas du sentier, la végétation est luxuriante ...



J'étais satisfaite de ma journée en montagne, avec des gens intéressants, là où l'air sent l'épinette, le sapin, l'eau. Là aussi où on voit sa route traverser par des perdrix et où les oiseaux chantent leurs chansons à tue-tête près de nos oreilles.

Ouais! Une vraie belle journée.

Plume
Publié de mon IPad2


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