dimanche 15 juillet 2012

Gaspésie 2012 - Le Pic du Brûlé

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9 juillet 2012

Quand nous nous sommes levés, le mont Albert, que nous voyons de notre chambre, avait la tête dans les nuages. Il faisait 14 C et on annonçait un maximum de 16 C. On annonçait aussi, 40 % de pluie, du soleil et des nuages. Un petit peu de tout quoi.

Ces prédictions étaient loin de nous décourager. Nous avions rendez-vous avec les Chic-Chocs. Seuls les éclairs et les orages violents nous auraient tenus loin de nos bottes de montagne et il n'y en avait pas au programme.

C'est ainsi que, habillés confortablement pour la météo, nous avons pris la route vers notre destination, le lac Cascapédia. Après avoir roulé sur 299, une route nouvellement rénovée, nous avons emprunté la route 11, en gravelle, pour accomplir les 6 kilomètres de montée pour nous rendre au Lac Cascapédia et trouver le stationnement au bord de la piste.

La piste du Pic du Brûlé, d'une longueur de 13,2 kilomètres, est en boucle. Dans le guide du parc, on l'identifie comme difficile. Il y a une dénivellation de plus de 430 mètres (du début de la piste au sommet de Ernest Ménard qui lui est à 850 mètres d'altitude (au dessus du niveau de la mer). Le fait que la piste grimpe, ou descend, constamment dans de la roche et que la piste est remplie de souches et de racines aide à identifié le degré de difficulté élevé.

Nous savons que les guides recommandent de faire la boucle dans le sens des aiguilles d'une montre. Ainsi les gens grimpent le pic du brûlé d'abord puis se rendent au mont Ernest Ménard pour faire les derniers 4 kilomètres dans la descente infernale. Mais je sais que pour moi, ce genre de descente est extrèmement pénible, douloureux et difficile; la douleur au genou me vole mon énergie. Alors, comme je suis plus habile en montée, nous avons décidé de faire le chemin à l'envers et de redescendre par le Pic du Brûlé ce qui, dans nos souvenirs est une pente beaucoup plus facile, en partie sur un chemin coupe feu.

C'est ainsi que nous avons marché les 50 mètres qui nous ont amené au bas de bas de montée. Il y avait toujours de gros nuages dans le ciel. D'où nous étions, cachés derrière la crête, nous ne sentions pas le vent fort qui poussait rapidement les nuages vers l'ouest. Nous avions des pantalons longs et un chandail léger, aussi à manche longue, pour nous protéger autant du vent froid que des insectes.

Nous avons gravis sans encombre les 4,4 kilomètres de montée abrupte jusqu'au mont Ernest-Ménard.

Voici quelques photos prises dans la montée:




Ces dernières photos ont été prises sur le rock qui sert de sommet au mont Ernest-Ménard. Voyez la dernière; c'est Denis qui se prend pour une chèvre de montagne; s'il n'avait pas ses bottes de marches dans les pieds, ses orteils flotteraient dans le vide.


De ce point, il nous fallait marcher 3,2 kilomètres pour atteindre le Pic du Brûlé lui-même. C'était une piste en montées et en descentes sans fin, à faire le tour des roches, des souches, à éviter des racines et les pierres branlantes qui jonchent le chemin. En plus, il y avait ce petit crachin froid qui nous tombait dessus.

En bordure du Pic du Brûlé, nous avons trouvé un endroit un peut moins exposé et nous avons pris le temps de manger. Ces quelques minutes d'arrêt furent bénéfiques pour nous reposer. Mais en montagne, nous n'arrêtons jamais très longtemps. Alors, quelques minutes plus tard, nous avions sorti nos imperméables coupe-vent pour affronter la traversée du Pic du Brûlé, cet endroit exposé au vent froid qui vient du fleuve et qui frappe de plein fouet. Nous avions à peine deux kilomètres à parcourir mais j'avais hâte que ce soit fini. Contrairement à Denis, j'ai le vertige. Alors, quand la piste s'est approchée de la falaise, à me forcer de marcher à moins d'un mètre du précipice de 250 mètres, seule la peur qui crispait mes muscles m'a empêché de courir pour finir ce bout de piste rapidement. Heureusement, les bourrasques de vent nous poussaient vers la montagne et non pas vers le précipice.

Voici quelques photos. Remarquez que j'ai pris des photos quand je me sentais un peu plus en sécurité, lorsqu'il y avait une clôture ou que je pouvais me tenir un peu plus loin du bord ...





Une fois que nous avions traversé le Pic du Brulé, je savais que le pire était passé. Il ne restait plus qu'à descendre 5,6 kilomètres jusqu'à l'auto.

Quelques 50 mètres passé le Pic du Brûlé, nous avons retiré nos imperméables. Nous étions déjà derrière la crète et nous marchions dans la forêt qui bloquait le plus gros du vent.

Je savais que je devrais arrêter souvent. J'étais de plus en plus fatiguée et la descente était tout de même pénible. Notre premier arrêt fut au Lac Gouache où, à l'abri du vent, j'en ai profité pour retirer mes bottes et masser mes pieds. Ouf! cela a fait du bien.

Nous avions une belle vue et, comme vous le constaterez, nous avions enfin du soleil. Nous n'avions qu'une seule déception. Il n'y avait aucun orignal.


Je savais qu'il nous restait encore un peu plus de 4 kilomètres à marcher. Mais la route que nous connaissions bien passait, jusqu'au lac Caspédia, sur un chemin coupe-feu.

Alors nous avons pris la route d'un bon pas.

Malheureusement, nous avions marché à peine un kilomètre sur cette route facile avant de voir notre route barrée. J'étais déçue de voir soudainenement la piste remontée en forêt pour retrouver, un kilomètre plus haut, la descente infernale que je ne voulais pas faire.

C'est ainsi que notre marche s'est terminée sur deux gros kilomètres en descente à pic, à travers les roches, les souches, quelques escaliers installés, non pas pour aider les marcheurs, mais pour protéger l'environnement.

Les derniers cent mètres étaient en terrain presque plat. J'étais si fatiguée que, si je n'avais pas poussé avec mes bâtons de marche, je ne suis pas certaine que mes jambes seraient arrivées toutes seules à me faire avancer.

J'étais fatiguée, je marchais comme un gars saoul mais j'étais très contente de ma journée.

Une fois au gîte, nous avons repris notre souffle, masser nos muscles endoloris et pris une bonne douche chaude à jets puissants.

Puis nous avons marché, lentement cette fois, les trois cents mètres entre le Gîte et le centre des découvertes pour aller manger le hamburger dont nous avions parler plusieurs fois le long de la route. Nous l'avions mérité.

C'est la plus longue randonnée que je ferai cette semaine. Alors, cela m'indique que les autres randonnées choisies sont faisables dans ma condition physique.

Il faudra cependant voir demain matin comment la randonnée d'aujourd'hui aura ankylosé les muscles de mon corps.

Plume
Publié de mon IPad2

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