dimanche 23 mars 2014

Voyager dans la routine


L’humain en général n’aime pas se retrouver en zone d’inconfort. Entre autres, peu importe comment il voyage, l’humain fait tout pour se remettre le plus rapidement possible en mode routine. Il apprend vite, trouve facilement les moyens et décode les paramètres d’un nouvel endroit en un tour de main. Regardez ma situation par exemple. Je suis arrivée à Paris mercredi dernier. J’ai acheté un titre de métro pour une durée de cinq jours et j’ai entrepris mon premier voyage sous terre le jour même. J’étais excitée, mais un tout petit peu inquiète de m’y perdre. Entre les trajets en métro, je me promenais lentement dans les rues de Paris, un plan dans les mains pour mieux m’orienter. 

Trois soirs plus tard, je revenais du Salon du livre quand j’ai été frappée par mon adaptation plus que complète à cette vie de citadine. Je marchais à la même vitesse que les Parisiens. Perdue dans la foule, je redressais mon col de manteau et plaçait mes mains dans les poches de mon imperméable pour mieux me protéger du vent frais. 




Je suis sortie du Pavilion 1 des portes de Versailles, puis j’ai marché jusqu’au métro. J’ai mis mon titre dans la valideuse, embarqué dans le wagon, sorti à Vaugirard et marché jusqu’à l’hôtel Eden. Tout ça mécaniquement, sans me souvenir d’une seule personne rencontrée sur mon chemin; je n’étais plus intriguée par les différences notoires entre ce métro et celui de Montréal. C’est là que j’ai réalisé que j’étais rapidement devenue Parisienne. Si je ne parle pas, personne ne s’aperçoit que je ne suis pas d’ici. 




Lentement, je suis sortie de l’hôtel et j’ai marché deux cents mètres pour me rendre au p’tit Gavroche, un bistrot coin Blomet et rue de l’amiral Roussin, puis j’ai commandé une 1664. Une autre habitude... C’est la troisième fois que je mange ici avec la même bière. Je m’y sens confortable... L’habitude s’installe. 




Ce soir, attendant que l’heure parisienne des repas du soir arrive (7 h 30) je déguste ma bière 1664 en écrivant, une autre habitude. Je sens bien dans cette routine me convient. Je deviendrais très facilement une Parisienne... l’accent en moins. 








Quand je retournerai chez moi, dans quelques jours, je perdrai cette routine et cela me rendra nostalgique. Heureusement, d’autres habitudes de ma vie de Montréal reviendront occuper ma vie... Le confort total. 


C’est ça être humain

 Par contre, il y aura la neige aussi là-bas Hum ! Est-ce que je peux rester dans ma routine parisienne jusqu'au printemps ? Je me sens chez moi ici...



Plume/Suzie Pelletier



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