mardi 1 avril 2014

Gaspésie - La randonnée des McGerrigles


La longue randonnée des McGerrigles
Parc de la Gaspésie — Juillet 2000

Le 30 mars dernier, j’ai déposé un texte sur mon site wattpad.com. Il s’agit d’un récit de voyage écrit en 2003, à partir de notes personnelles prises lors d’une expédition dans le parc de la Gaspésie en 2000. Cette longue randonnée visait à nous faire parcourir 24 kilomètres en trois jours, sur des sentiers de montagnes entre le mont Jacques-Cartier et le mont Albert.  J'adoré revoir ce texte avant de le déposer sur wattpad.com; même si j'étais assise dans mon bureau, mes sens m'ont rappelé les odeurs, le son du vent à mes oreilles, le froid de la neige et le chaud soleil… Cette randonnée fut un merveilleux moment dans ma vie. 

Ce récit d'une quinzaine de pages ( neuf pages sur Wattpad.com) compte plus de 6400 mots. Il m’est donc impossible de le déposer en entier sur mon blogue. Ainsi, je vous laisse ici quelques bribes pour vous présenter ce récit de marche en montagne et vous mettre un peu en appétit. Vous trouverez le texte complet à l’adresse web suivante : 


D’abord, avant même de commencer cette randonnée qui prend énormément d’énergie, il est important de nous recentrer sur la nature. En route vers notre destination, nous faisons un arrêt important dans le parc du Bic, près de Rimouski. Voici un extrait : 

Partis de Montréal un bon matin, nous avons d’abord fait un court séjour dans le parc du Bic, près de Rimouski. Sis au bord du fleuve, ce parc nous présente des activités de plein air qui nous aide à réduire l’effet du stress accumulé par nos vies remplies du souci quotidien ainsi que par notre condition de citadins. Si toute l’année, notre train de vie est un peu trop rapide, notre séjour au Bic a la propriété de ramener nos cerveaux en mode « plein air ». Notre rythme cardiaque s’harmonise à celui de la nature et notre teint prend la couleur dorée de la santé. En quelques jours, on apprécie l’absence des bruits de ville, du smog, du pavé chauffé de l’autoroute et de la musique forte qui sort de tous les bars. 

Bien sûr, il y a eu notre arrivée au sommet de Jacques-Cartier, toujours aussi spectaculaire, où nous prenons quelques minutes de repos. Voici un extrait qui explique la curiosité des autres randonneurs face à notre expédition: 

 [...] Certains sont fort étonnés face à notre volonté de retourner à pied au gîte du mont Albert. Ils sont d’autant plus impressionnés lorsqu’ils comprennent que nous ferons encore aujourd’hui cinq kilomètres sur une piste rocailleuse avant d’atteindre notre refuge pour la soirée, le Tétras. Ils soupèsent notre barda et secouent la tête. Les réactions fort opposées des autres marcheurs qu’engendre l’idée d’une telle expédition sont très curieuses : soit ils affichent une admiration démesurée, soit leur visage se marque d’une totale incompréhension. La plupart d’entre eux se sentent soulagés de n’avoir qu’à redescendre les quatre kilomètres qu’ils ont montés ce matin. 
Je ne leur avoue pas que je serais fort déçue d’être à leur place; j’aurais l’impression de rebrousser chemin, d’abandonner une expérience unique. Je préfère marcher un kilomètre de plus, avec mon gros sac sur le dos. Je sais que le sentier sera difficile, mais j’apprécierai la fraîcheur de l’air en montagne plutôt que de redescendre vers la chaleur et l’humidité de cette chaude journée d’été. Le terrain vallonné et juché à mille mètres d’altitude nous fera voir des paysages époustouflants qu’il est impossible de voir autrement qu’à pied. En plus… il y a moins de moustiques en altitude…


Voici une scène d’allure fantastique et en même temps féérique; nous l'avons vécue en y cherchant l'humour avec laquelle la nature nous accueille :  

[...] Dès que le sommet du mont Jacques-Cartier fut derrière nous, la chaleur était si intense que nous nous sommes rapidement retrouvés en shorts et en t-shirts. Nos verres fumés, le chapeau à large bord et une bonne couche de crème solaire protègent notre peau des chauds rayons qui rebondissent sur la poudre blanche. C’est ainsi que j’observe la situation qu’on ne peut comprendre sans être des montagnards : des personnages habillés pour une plage sous le soleil du sud, marchant dans la neige qui aurait été plus facile à parcourir avec des raquettes… 

Une routine de montagnard où on se laisse aller à l’observation:

Il n’y a pas d’eau courante dans le refuge ni d’électricité. Aucune douche chaude n’est disponible. C’est ainsi que les eaux glacées du lac Samuel-Coté nous servent de baignoire… ou presque… Nous enfilons nos maillots de bain puis une serviette et notre savon sous le bras, nous empruntons le sentier qui mène au lac. Sur place, nous prenons d’abord le temps d’observer un orignal qui broute non loin de nous. L’animal semble habitué à la présence humaine; il ne fait aucun cas du bruit que nous faisons ni de nos discussions. Il ne bronche pas non plus quand, alors que nous entrons frileusement dans l’eau jusqu’au genou pour nous asperger d’eau froide, nos cris involontaires bousculent le vent léger. Le cervidé lève la tête une seule fois. Pourquoi ai-je l’impression qu’il nous fait un sourire narquois ? Il semble penser : « voyons donc ! Ce n’est pas si froid que ça ! Ces humains sont si fragiles ! »

En randonnée, il ne faut pas s’attendre à ce que la nature fournisse le beau temps en toute occasion. Parfois il y a les orages qu’on trouve merveilleux... si on peut les observer dans la sécurité d’un gîte de montagne: 

[...] Le refuge étant construit directement sur le rock, il tremblait de toutes ses poutres chaque fois que le tonnerre grondait; c’était comme si la foudre tombait directement à côté de nous. Après quelques minutes de ce tintamarre assourdissant, plusieurs d’entre nous ont pris place face aux larges fenêtres. C’était la meilleure position pour observer l’orage qui n’en finissait plus de tonner. À travers la voûte forestière, on voyait le ciel se zébrer de nombreux filets d’un blanc vif. Sur le coup, l’intérieur du gîte s’éclairait comme en plein jour. La lumière crue donnait un aspect cadavérique aux visages des humains qui l’habitaient et faisaient miroiter leurs yeux comme s’ils étaient des zombies. Malgré son allure cauchemardesque, le spectacle gardait tout de même un cachet féerique haut en couleur, en sons et en odeurs.

Bien sûr, la pluie s’accompagne de désagréments difficile à supporter, mais qu’on endure pour avoir le plaisir de se retrouver loin de la civilisation: 

[...] Nous marchons sous une pluie fine pour plus de la moitié de la distance; parfois, nos pieds sont dans les torrents qui, d’habitude, sont de simples rigoles faciles à enjamber. À plusieurs reprises, je me suis arrêtée pour fermer les yeux et imaginer cette douche chaude qui m’attendait… pour retrouver le courage de continuer. À certains endroits où la boue ne sèche que rarement, des plateformes en bois ont été aménagées pour protéger l’environnement et, aussi, pour prévenir les accidents sur ce terrain très glissant. Aujourd’hui, le bois mouillé est plus glissant que les coulisses de glace vive en hiver; la situation nous force à poser nos pieds à côté et, très vite, nos pantalons se couvrent de ce liquide brun rendu plus visqueux par la pluie. Les champs de fougère deviennent des oasis merveilleuses alors que les grands fouets végétaux lèchent nos habits et les débarrassent de la boue. 
Si ces quelques lignes vous intriguent suffisamment pour vous inciter à lire le texte complet, vous pouvez le trouver à l’adresse web suivante : 


Il est aussi possible de lire d’autres textes de voyage sur ma page wattpad.com : 


Merci de suivre mes péripéties dans le monde merveilleux de l’écriture. 



Plume/Suzie Pelletier


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