jeudi 10 juillet 2014

Terre-Neuve — le mont Gros-Morne



Parc du Gros-Morne/Rocky Harbour
Terre-Neuve 1999

Depuis quelque temps déjà, je révise des récits de voyage écrits il y a plusieurs années, à partir de notes prises au moment de chaque expédition. J’apprécie énormément ces instants de détente, tous ces dimanches matins, où l’immersion dans ces textes me plonge dans de si bons souvenirs. 

Par contre, tout comme celui que je viens de terminer, ces histoires me laissent nostalgique. Elle me rappelle, entre autres, tous les efforts accomplis au fil des ans, pour conserver une forme physique acceptable, malgré un handicap sévère. La grimpée du Gros-Morne en 1999, en est lourdement trempée. Peut-être qu’un jour je reprendrai ces récits pour les transformer en nouvelles... j’y ferais disparaître ces phrases témoignant de toutes ces difficultés de vivre quotidiennement avec un handicap, si léger qu’il soit. Entretemps, j’ai fait le choix de laisser les histoires comme je les ai rédigés... sauf que, l’expérience de l’écriture aidant, je les ai améliorés. 

Le texte complet se trouve à l’adresse web suivante : 

Le mont Gros-Morne à Terre-Neuve


Voici donc quelques extraits qui vous mettront l’eau à la bouche. D’abord, pour chaque montagne, la grimpée offre de difficultés qui nous apparaissent sur le coup insurmontables... mais nous laissent avec un souvenir délicieux, une fois conquises : 

La pente est tellement abrupte que, lorsque je me tiens debout et que je lève les bras à angle droit, mes doigts sont à deux ou trois centimètres du sol. C’est vrai… je ne suis pas très grande; d’ailleurs, le gars de six pieds et deux pouces qui vient de me dépasser ne semblait pas avoir le même problème. Bon ! Je crois que c’est une question de géométrie, de physique et de génétique. En ce qui me concerne, je trouve impossible de faire de longues enjambées quand j’ai la face constamment dans le sentier.


Parfois, une ascension nous offre des occasions de relever des défis. Vous savez bien... ces choses qui nous font peur et qu’on oublie dès qu’elles sont passées...

Quelques enjambées, un saut, une marche un peu haute… puis, tout d’un coup, nous arrivons au sommet de la montagne. Du coup, j’oublie les écorchures que mes bras et mes jambes ont ramassées dans le ravine. Même si tous les muscles de mon corps hurlent de douleur, je savoure pleinement cette grande fière qui m’envahit complètement, jusqu’au plus profond de mon âme. J’ai réussi l’exploit ! Au sommet, nous nous arrêtons quelques minutes pour prendre des photos des alentours. Il ne fait pas très chaud, mais nous apprécions cette fraîcheur après l’effort fourni. 

Bien sûr, il y a tous ces magnifiques moments quand on arrive au sommet et que le monde est à nos pieds. Un effet de grandeur... L’euphorie totale...

À notre gauche, le soleil d’été éclabousse l’océan d’un bleu distinct. En raison de bourrasques qui nous poussent, nous entrevoyons les moutons blancs qui surmontent les immenses vagues qui viennent du large. À droite, nous devinons la pente du Gros-Morne dont la dégringolade abrupte est l’un des flancs d’un fjord. Tout en bas, 400 mètres plus bas, coule le Gulph Brook. Personne ne peut descendre à cet endroit sans se casser le cou.

Quand on décide de vivre intensément en grimpant des montagnes, il ne suffit pas d’atteindre le sommet pour que l’effort s’arrête. Non ! Il faut redescendre. 

Nous n’étions pas au bout de nos douleurs. Devant nous, une pente abrupte s’impose. Moins à pic que le ravine, elle est aussi moins longue. À première vue, les descentes paraissent moins difficiles parce que l’activité est moins aérobique et que nous ne sommes pas toujours en train de chercher notre souffle. Cependant, l’exercice est pénible pour les genoux, les cuisses et les chevilles. C’est ainsi qu’après quelques kilomètres, tous nos muscles crient de douleurs.

Le bonheur de savourer l’air de la montagne doit avoir une fin. Si on apprécie chaque moment de cette errance, il faut se mettre en tête qu’on doive le terminer... 

Malgré notre besoin viscéral de prolonger la randonnée, nous descendons un peu rapidement les cinq kilomètres de sentier en pente douce pour retrouver l’auto. Nos cœurs se serrent sur une certaine déception de devoir arrêter, pour aujourd’hui, cette vie de vagabondage que nous aimons tant. En silence, parce qu’on ne peut rien ajouter à notre bonheur, nous changeons nos bottes pour des sandales. Quelques exercices d’étirement soulagent nos muscles engourdis par l’effort. Puis, nous retournons à notre site de camping. 

En attendant qu’un neuvième récit s’ajoute, je vous invite à lire tous les autres que vous pouvez trouver sur ma page Wattpad.com. Ils sont listés sous le texte de présentation. En passant, si vous aimez ce genre de lecture gratuite, vous pouvez vous procurer l’application sur votre téléphone ou votre tablette pour mieux profiter de l’expérience. C’est gratuit... De plus, je ne suis pas la seule à occuper cet espace... de bons écrivains s’en servent pour obtenir des commentaires...



N’hésitez pas à me laisser vos commentaires... c’est pour ça que je les dépose ainsi sur l’internet.


Plume/Suzie Pelletier
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