mardi 2 septembre 2014

Écosse 2001 : Meall Fuar-Mhonaidh

Drumnadrochit au bord du Loch Ness

Vous arrive-t-il de vous souvenir d’un évènement avec si grande clarté que toutes les sensations du moment vous font frissonner ? Il semble que cette visite du 31 juillet 2001 ait eu cet effet, alors que je l’ai révisé  il y a quelques jours. 

J’ai senti l’air chaud et humide que le vent soufflait sur nous et qui alourdissait l’atmosphère. Je me suis rappelé la sueur qui coulait abondamment sur notre visage. L’odeur suave de la bruyère remplissait mes narines; je me suis souvenue de cette plante qui change la couleur des montagnes d’Écosse au fil des mois, comme nos érables le font ici. Les arbrisseaux poussaient partout et envahissaient le sentier de randonnée. Combien de fois ai-je fait un arrêt pour arracher, de sous ma botte, un brin de bruyère auquel était attachée une motte de glaise gluante ? Une fois, je me suis accroupie, déposant même un genou au sol, pour mieux sentir la fleur; quand je me suis relevée, une coulisse de boue visqueuse glissait sur ma jambe. J’avais l’impression de porter sur ma peau, une goutte de ce sang noir qui appartient à la Terre... 

Vous savez, rien de ce qui est écrit dans le paragraphe précédent n’est narré dans mon texte sur Wattpad.com. Pourtant, j’aurais pu fabriquer un énorme roman sur cette randonnée tant elle m’avait marqué. On peut trouver le récit complet : 


Voici tout de même quelques extraits qui vous donneront un peu l’eau à la bouche. 
D'abord, pour se rendre à la montagne, il faut généralement passer par la civilisation représentée ici par une ville.

Dès que nous avons pris la route qui longe le magnifique Loch Ness, nous avons réalisé très vite que Drumnadrochit était loin d’être le havre de calme et de solitude que nous espérions tant. Plus on approchait de la ville, plus le nombre de visiteurs augmentait. Les bruits de la société de Drumnadrochit devenaient plus importants que ceux de la ville d’Inverness qui faisait au moins quatre fois sa taille. C’est avec effroi que nous avons déambulé dans le village qui ressemblait plus à la ville touristique d’Old Orchard qu’aux autres cités de l’Écosse que nous avions su apprécier jusqu’à présent. Les boutiques de quétaineries pour touristes étaient installées à tous les coins de rue. [...] 


Cette photo  représente le château d’Urquhart, l’attraction principale du village et où on apercevrait, de temps à autre, Nessie, le fabuleux monstre du Loch Ness.

J'ai du attendre plusieurs heures avant de pouvoir distinguer cette structure sans qu'il y ait une foule de gens accrochée à tous les rebords….





Également, pour nous rendre au sommet, nous devons monter, monter et monter plus haut. Parfois, des surprises étonnantes nous attirent. Cette fois, la curiosité était humide, collante et désagréable. 


[...] nous nous retrouvons sur le sentier qui suit une crête en pente douce jusqu’au sommet. La montagne est couverte de tourbe et de bruyères qui glissent sous nos pas et s’arrachent facilement du sol. Ce phénomène rend la piste plutôt bourbeuse; la sensation nous apparaît d’ailleurs très étrange, vu que nous nous trouvons sur les hauteurs. Cependant, une semaine de visite en Écosse, dont six jours consécutifs sous la flotte, nous a fait comprendre que ce pays constitué de collines est également une contrée où règne la boue et l’eau en très grande quantité. Voulant profiter au maximum de cette magnifique journée sans pluie, nous admirons le paysage si charmant et nous respirons à profusion le parfum de la bruyère dont les fleurs fuchsia sont parfois visibles. 





Cette photo représente l'extraordinaire Loch Ness qui brille sous le soleil. Malgré une belle randonnée en bateau pour le chercher, le monstre est resté évasif... 







À force de grimper, nous atteignons le sommet. Je n’arriverai jamais à bien décrire tout ce qui se passe dans ma tête, mon cœur et mon âme quand un tel évènement se produit. Voici donc, ci-après, un texte assez représentatif : 

Montagnards dans l’âme, nous apprécions tous ces petits instants de bonheur et de sérénité où l’immensité de la vue nous révèle un paysage enchanteur fabriqué par des millions d’années de chocs tectoniques, d’érosion et de glaciations. La brutalité du processus n’a d’égal que la magnificence du résultat. Nous réalisons aussi à quel point la vie sur la Terre est fragile; il faut la chérir et la protéger. « Si on perdait tout… en un clin d’œil ? » 
Le soleil d’été en Écosse se couche très tard, vers 23 h en fait. En cette fin d’après-midi, il est encore haut et il illumine le territoire de ses rayons éclatants. Il accentue les ombres, jette du bleu sur le Loch et garnit la boue mouillée de minuscule prisme coloré. L’astre nous réchauffe; il incite nos corps, nos cœurs et nos âmes à s’harmoniser. La pluie ne menaçant plus d’ajouter quelques gouttes au limon désagréable, nous prenons tout notre temps pour admirer ce pays de montagnes que sont les highlands. Toutes ces cimes arrondies nous racontent leurs millions d’années d’existence. Un jour lointain dans le passé, ce sommet était aussi haut que ceux de l’Himalaya actuel. Puis, rassasiés de la quiétude des lieux par tous les pores de notre peau, nous redescendons vers la civilisation. 



Cette photo représente bien notre arrivée en haut de la montagne. Remarquez la présence de la roche-mère et le Loch qui s’étire dans la vallée. 







Le récit complet comprend 6 pages et 2200 mots. Il fait autant partie de mes textes sur la marche en montagne que ceux de nos vadrouilles en Écosse. Je vous encourage à le lire. Faites-moi vos commentaires si le cœur vous en dit. 

Plume/Suzie Pelletier



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