mardi 7 octobre 2014

Écosse 2001 : Stac Pollaidh


Ullapool : juillet 2001

C’est avec un brin de nostalgie que j’ai revu ce texte, le seizième et dernier article de la série « Deux Québécois en vadrouille en montagne ». Si je prends plaisir à revoir ces nombreux textes accumulés au fil des ans, les récits de randonnée en montagne demeureront chers à mon coeur. Le trekking est une activité de plein air qui s’impreigne de liberté. Voir le monde d’un sommet nous permet d’absorber son immensité. Levant les yeux vers le firmament rempli de million de planètes, on comprend la minuscule présence de la Terre dans cet univers incommensurable. 

Le texte complet peut se lire sur ma page wattpad.com à l’adresse suivante : Écosse : Stac PollaidhEn attendant, voici quelques extraits.

D’abord, pour ce voyage, nous avions placé sur notre liste d’objectifs, celui d’essayer les Bed and breakfast. Disons que l’expérience n’a pas été enrechissante... tout est une question de goût j'imagine...


Ce matin-là, le gîte était plein; dix personnes se sont présentées pour le déjeuner. Ce repas prévu pour 8 h, ce qui était déjà un peu tard à mon goût, s’est prolongé jusqu’à 10 h. Je travaillais fort pour contrôler mon caractère afin de garder mon impatience hors de mon visage. Je sentais que, malgré mes efforts, mon sourire restait crispé. Comble du ridicule, nous étions de tous les sujets de conversation : mon accent particulier, notre origine, nos métiers, nos impressions de l’Écosse, notre voyage de retour, la nourriture de chez nous, notre visite de la journée, notre prochaine destination, etc. En fait, les badinages n’en finissaient plus. Mon côté habituellement ultra social s’en trouvait fatigué et passablement frustré. Par contre, comprenant tous deux que nous revenions à ce même gîte le soir venu, nous avons décidé de faire bonne figure et d’agir poliment. « Une huitième tasse de café avec ça ? Un petit croissant peut-être ? 

Malheureusement, notre journée n’était pas encore terminée... une expérience fort désagréable nous attendait au pied de la montagne... Le Routard, ce guide de voyage très connu, décrit les midges comme ceci : « Les midges ressemblent à des moucherons particulièrement voraces, qui se déplacent en formation serrée avant de fondre sauvagement sur leurs proies. » Ce c’est pas très accueillant Ah! Vous croyez que les mouches noires de l'Abitibi nous font peur ...


Cette aventure en Écosse nous attendait avec une nouvelle expérience… pour le peu désagréable. À notre sortie de l’auto, nous sommes littéralement attaqués par des nuages de midges. Ils piquent en gang et ça fait mal; une sorte de brûlure tenace. Ces insectes miniatures sont plus petits que nos mouches noires, mais tout aussi vicieux. Nous en avions entendu parler, mais c’était la première fois que nous étions confrontés au phénomène. Nous décidons sur-le-champ de détester ces bibites exécrables. La seule façon de s’en débarrasser est de rester dans le vent, là où ils ne peuvent maintenir leur vol en raison de leur minuscule taille. Ainsi, nous enfilons rapidement nos bottes et nos sacs à dos et nous grimpons dans la montagne le plus vite possible, tentant de ne pas trop ouvrir la bouche en chemin. Nous n’arrêtons pour reprendre notre souffle que lorsque nous sommes suffisamment en hauteur pour être constamment dans la bourrasque.

À mon habitude de protéger mon genou malade, j’ai décidé d’arrêter ma randonnée quand mes pieds se sont mis à déraper sur des roches cassantes et glissantes. Il n’était pas question de redescendre pour servir de lunch aus détestables midges. J’ai donc choisi de m’installer en bordure du sentier... avec une compagnie plus que particulière...

J’admire ce paysage en dégustant un sandwich. Très vite, je suis rejointe par des moutons qui viennent brouter paisiblement à quelques mètres de ma position. Je remarque cette teinture bleue sur leur laine qui les identifie comme appartenant au même troupeau. Habitués à cette civilisation bizarre qui s’obstine à grimper toujours plus haut, les caprinés m’ignorent complètement. L’un d’eux s’installe d’ailleurs encore plus près pour mieux gruger l’herbe sous mon pied; il pousse l’effronterie jusqu’à frapper ma chaussure de son sabot, comme s’il s’agissait d’une vulgaire roche. J’éclate de rire… l’animal lève les yeux pour me présenter un air de je-m’en-foutisme fort efficace, puis il pioche à nouveau sur mon pied heureusement bien botté. Je décide de faire la tête dure… c’est le mouton qui, finalement, suit ses congénères vers un autre endroit. « Suiveux… de toute façon, tu n’étais pas de taille… j’aurais gagné la partie… »

Ce texte devient le sizième d’une série d’articles colligés sous le titre « Deux Québécois en vadrouille en montagne ». Mon site http://wattpad.com/suziepelletier comprend maintenant 31 récits de voyage, une nouvelle (policier) et un texte philosophique.  

Bonne lecture !

Plume/Suzie Pelletier

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