vendredi 10 octobre 2014

Lecture - Alain Boucher - La mer de cocagne

Chronique sur la lecture
Auteur : Alain Boucher
Tttre : La mer de cocagne
Genre : roman historique
Maison d’édition : Hurtubise


Vous souvenez-vous de cette fièvre sur Facebook « Le 12 août 2014, j’achète un livre québécois » ? J’y ai participé. Ce jour-là, je me suis rendu à la Libraire Boyer, la succursale de Vaudreuil, avec la ferme intention de repérer un écrivain que je ne connaissais pas encore. 

On m’oriente vers les rayons qui contiennent tous ces livres créés par des Québécois. Je fouille de longues minutes, mettant de côté les bouquins dont les auteurs me sont familiers; je voulais dénicher quelque chose de nouveau. Quand je vois le roman d’Alain Boucher, je reste subjuguée par la couverture : une caravelle, la mer, un sigle de poissons entrecroisés sur la voile. Le mélange m’attire. J’ouvre le livre et je tombe sur une carte dont les mots me font vibrer : Terra Nova; Labrador. « C’est chez nous... » que je me dis. Quelques pages plus loin, une date me saute aux yeux : 1541. Du coup, je pense à Jacques Cartier. Il a effectué son premier voyage en 1534, mais il est venu plusieurs fois en Nouvelle-France, non ?

Le livre brulait la paume de ma main. J’étais intriguée. Je voulais le lire. Une vérification me convainc que l’auteur est bel et bien québécois. J’ai acheté. Il ne restait qu’à découvrir son style d’écriture et l’histoire qu’il avait à raconter... 

Parce que j’ai toujours des bouquins qui attendent mon attention, j’ai lu la première page quelques semaines plus tard. Les premiers chapitres me laissent perplexe. J’ai la nette impression de déchiffrer un vieux texte écrit il y a quelques siècles... On y parle de navigation; or, il s’agit d’un domaine d’expertise dont je ne possède que peu d’information. Le langage technique, un mélange de termes basques et bretons, me confond. C'est sûr que ça me sort de ma zone de confort ! J'adore ! Je poursuis la lecture sans pouvoir m'en empêcher. 

Dès les premières pages, j'adopte ce Kavad Disanv, orphelin né en Bretagne vers 1525, transformé en maître Babordais lors de son voyage sur la Magdalena en 1541.  

Puis, à l’aide de la carte fournie dans le livre, je retrouve quelques repères : Le Gran Baya ou le golfe du Saint-Laurent; la grande rivière du Canada devient le fleuve Saint-Laurent; Beaulsablon serait l’origine de Blanc-Sablon. Dès lors, je plonge agréablement dans la vie de ce Breton marin qui navigue à bord d’une caravelle basque pour venir au Nouveau Monde afin d’y faire fortune. L’auteur nous présente le quotidien de son héros, tant à bord du bateau, sur la rive des Buttes en Canada, au cours de la pêche, qu’à titre de chasseur de baleine. Si les détails sont en grand nombre, ils nous permettent de mieux comprendre ce pan de notre histoire que nos enseignants, par ignorance ou par règlements, ont gardé dans l’ombre. 

Malheureusement pour moi, j’ai saisi la fin un peu trop rapidement à mon goût, ce qui a réduit quelque peu mon fun pour les derniers chapitres.  Il faut croire que mon esprit de déduction est un peu trop actif. Il me fallait tout de même découvrir comment Alain s'y prendrait pour nous amener au dénouement final.

J’ai grandement apprécié le talent de l’écrivain qui, par la puissance des mots qu’il a choisis et la justesse des expressions, réussit à nous transporter de plusieurs siècles en arrière et nous présenter un récit bien ficelé.

Alain Boucher a été muséologue, interprète du patrimoine, communicateur et vulgarisateur scientifique. Il se spécialise dans la navigation et s’intéresse à toute chose maritime présente et passée. Pour en savoir plus sur l’auteur, vous pouvez consulter son microsite sur le Ph@re de l’UNEQ. 




On peut trouver le livre en format imprimé ou numérique dans une librairie près de chez vous.

Bonne lecture ! 

Plume/Suzie Pelletier

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