mardi 11 août 2015

Écriture - Est-ce que l'aventure se termine ?



Je viens tout juste d’approuver la version finale du tome VI - Emmanuel, de la série Le Pays de la Terre perdue. J’ai mis quelques secondes avant de cliquer sur le bouton « envoyer » de mon application mail pour transmettre mon message à la maison d’édition Véritas Québec. Je voulais cette hésitation pour savourer pleinement les émotions qui m’assaillaient. Parce que ce moment d’une intensité magique ne reviendra pas. En surface, un immense bonheur, une grande fierté d’avoir mené jusqu’au bout cette aventure complètement dingue dans le monde littéraire. Au fond, une sorte de nostalgie chatouillait mon âme. Ma tête me disait : « C’est fini... ». Mon cœur me demandait de poursuivre encore pour quelques secondes, comme un bon vin dont on garde la dernière goutte au fond de la coupe, le plus longtemps possible.

Ce roman vient compléter cette magnifique histoire de Nadine. Ce roman, Emmanuel, est à mon avis le plus beau de tous. Un nouveau personnage doté d’une immense sagesse. Une urgence d’agir. Une fin qui parle de continuité, de bonheur et de philosophie. Le retour à l’équilibre pour Nadine. D’ici quelques semaines, tous les livres de la collection seront dans les mains des lecteurs et il leur appartiendra de perpétuer le rythme de vie de cette merveilleuse collection. 

Pour l’écrivaine que je suis devenue, un défi s’achève. Le pari est gagné. Je l’ai fait. Au cours de l’aventure, j’ai vécu intensément au côté de mon héroïne, lui donnant vie et caractère, déposant des écueils sur son passage pour qu’elle grandisse, qu’elle devienne une meilleure personne. Elle ne m’a jamais déçue. Elle a porté mon texte, ma vision du monde et de la vie, avec beaucoup d’enthousiasme et de détermination. Je lui dois beaucoup, car elle m’a transformée. La sachant à mes côtés, j’ai donné un essor nouveau à l’une de mes grandes passions, l’écriture. Porter ce texte jusqu’à l’édition du roman en six volumes fut pour moi une source d’apprentissage qui m’a étonnée, charmée et captivée. L’aventure m’a poussée à grandir comme personne et comme écrivaine. Au passage, j’ai développé de véritables amitiés, chez les auteurs et les lecteurs.

Sur mon chemin, j’ai rencontré une personne extraordinaire qui a rendu tout ça possible. Marie Brassard a cru à ce projet qui a rebuté plusieurs maisons d’édition établie, en raison de son immensité. Elle a su me coacher et m’encourager à chaque étape de notre redoutable échéancier. Nous étions déterminées toutes les deux à rencontrer ce défi que plusieurs qualifiaient de totalement insensé. « Un éléphant se mange un morceau à la fois ! » Un bout de phrase que nous avons répétée très souvent depuis ce 12 octobre 2012, jour de notre première rencontre. Trois ans de camaraderie et d’un plan de travail incroyablement chargé... Dans notre dos, on nous affublait de termes comme : butées, entêtées, acharnées et complètement folles. Chaque fois, nous avons souri, sachant que nous étions déjà en train de manger un autre morceau de notre éléphant.  

Je dois maintenant dire au revoir à cette collection. C’est impératif ! Tel un papillon, j’ouvre mes ailes pour aller voler ailleurs. Bien sûr, ces adieux se feront en douceur, parce que je visiterai des dizaines de Salons du livre au cours de la prochaine année. J’en parlerai avec joie et je caresserai chacun des livres qui racontent l’histoire de Nadine au Pays de la Terre perdue. Je raconterai les aventures de mon héroïne aux lecteurs... je la ferai vivre encore un bon moment. De plus, la version anglaise de la collection commencera son chemin dans le Canada anglais l’an prochain.

Non. Je n’en ai pas encore terminé avec le Pays de la Terre perdue. Ce monde fantastique et ses héros, Emmanuel Nadine et Marie aussi continueront de combler de bonheur mes journées. Je dois tout de même assumer toute la nostalgie qui m’assaille avec la fin de l’écriture. J’ai aimé ce défi rempli d’embûches. J’ai serré les dents plus d’une fois. Maintenant, je dois laisser la collection voler vers les mains des lecteurs sans plus lui retoucher. La création littéraire est terminée. Ma gorge se bloque, mes yeux s’embrument. 

On m’avait averti. Le travail intense d’écriture, de vérification et d’horaire rempli se termine brusquement par ce clic sur le bouton « envoyer ». Une sorte de vide intense s’installe dans tout le corps, la tête, le cœur, l’âme même. Certains auteurs plongent dans la dépression. Ce n’est pas ce que je ressens. J’éprouve de la fierté pour ce qui est terminé. Avec ma façon habituelle d’aborder la vie, je me tourne vers l’avenir et je savoure le moment présent. Je ferme les yeux. Je m’imagine debout sur une sorte de tremplin au bord d’une piscine olympique remplie de mots, de phrases, d’idées, de pensées et d’émotions en tous genres. Penchée sur le bout de la planche, j’observe. Un nouveau personnage m’attire... je garde son nom secret... tout comme son histoire. Je suis prête. Je relève les bras au-dessus de ma tête. Il ne me reste qu’à décider de la voltige avant de sauter allègrement... 

L’effervescence s’immisce sous ma peau et me fait trembler. Suis-je vraiment prête pour ce saut ? Dans ma tête, quatre années et demie remplies de défis incroyables se déroulent comme une sorte de bande-annonce d’un film d’action et d’éclat : le développement de l’histoire, la recherche pour peaufiner les détails, l’écriture intensive, le choix ardu d’une maison d’édition, le processus de revue de chacun des tomes et la présentation de chaque roman aux lecteurs, les voyages... J’ai le souffle court. Tant de travail. Des milliers d’heures de bonheur. Une courbe d’apprentissage accentuée. OUI ! JE SUIS PRÊTE ! Ce n’est pas une fin, mais plutôt un tournant important dans mon aventure littéraire. Au fond de cette piscine d’idées nouvelles se trouve un nouvel élan qui me transportera encore plus loin.  

L’aventure littéraire qui m’a apporté tant de satisfaction et de bonheur au cours des dernières années se poursuit. Je laisse ce nouveau personnage me parler de lui. Je définis mieux son caractère, je comprends mieux son vécu... Je planifie quelques visites extraordinaires, des bibliothèques et des villes, ainsi que des rencontres enrichissantes pour mieux comprendre certains éléments de fond de l’histoire. Crayon en main, je plonge pour me nourrir de tous ces mots qui m’aideront à présenter un nouveau roman. 

Et voilà ! Une nouvelle escapade commence...

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Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante




1 commentaire:

  1. Bravo ! Six fois Bravo !
    Tu as laissé ton empreinte sur la culture de ton époque comme Nadine sur le mur de sa grotte.
    Je suis aussi fière et émue de cette merveilleuse conclusion que représente la publication du tome VI -Emmanuel.
    www.editionsvéritasquebec.com

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