jeudi 10 septembre 2015

Été 2015 - Saint-Roch des Aulnaies


Voir aussi mon billet sur le même sujet « À la recherche de mes ancêtres sur Huffington Post Québec » en date du 6 septembre 2015.

Quand je voyage, j’expérimente parfois des aventures qui me transportent en dehors de mon temps. Ça m’est arrivé lorsque j’ai visité le domaine seigneurial de Saint-Roch-des-Aulnaies. L’effet déstabilisant m’a frappé lorsque je marchais sur le terrain du manoir. À quoi ressemblaient mes ancêtres Jean Pelletier et son fils Charles lorsqu’ils se présentaient à la résidence du seigneur ou au moulin pour faire moudre leur grain ? Je les imagine avec une chemise de toile ample avec une veste de grosse toile par-dessus, un pantalon rentré dans leur longue botte. Les couleurs sobres passent du brun au beige. Portaient-ils un large chapeau ?

J’étais surexcitée par l’idée que mes ancêtres avaient foulé le même sol que moi, 336 ans plus tôt. Arrivés tôt, nous avons eu le temps de nous imprégner de la place avant de commencer les visites.

Le manoir que l’on visite aujourd’hui n’existait pas dans le temps de Jean et de Charles (arrivés en 1679 à Grand-Anse). Le bâtiment est classé monument historique depuis 1965. Construit en bois, la maison de style Regency (XIXe siècle) aurait été dessinée par l’architecte Charles-Philippe-Ferdinand Baillairgé (1826-1906), tout comme son vaste terrain de près de sept hectares. Voici quelques photos :








Le manoir lui-même












La salle à manger où se réunissaient les hôtes et leurs invités, les notables du village. Est-ce que Jean, un simple fermier y a été invité ?












La cuisine, un point de rencontre des serviteurs. 











Les jardins nous accueillent encore aujourd’hui avec ses odeurs suaves de roses sauvages. 


Une autre des milliers de fleurs qui garnissent les jardins et les sentiers du parc... 






Ce village revêt une importance plus grande que le fait de le visiter en touriste. Mon ancêtre Jean Pelletier s’y est établi vers 1678. Selon un recensement de 1681, il aurait possédé cinq arpents de terre. Jean et son fils Noël, aussi établi sur la seigneurie de Saint-Roch-des-Aulnaies, vivent des produits de la ferme et de l’élevage, mais aussi de la chasse, de la trappe et de la traite avec les « sauvages ».

Encore aujourd’hui, de nombreux membres de la famille Pelletier demeurent à Saint-Roch-des-Aulnaies. Une visite du site web 411.ca m’en a fait compter 53 numéros de téléphone. Il y a aussi ceux qui ne portent pas le nom de Pelletier, mais dont un ancêtre était un Pelletier. La communauté compte environ 1 000 habitants, on peut présumer que la proportion de membres de la famille Pelletier est fort élevée. 

Bien sûr, nous ne pouvions manquer le moulin à eau de Saint-Roch-des-Aulnaies. On le connaît aussi comme le « moulin banal des Aulnaies ». L’appellation « banal » tirerait son usage de l’obligation des seigneurs à construire un moulin pour moudre le grain de ses censitaires. Construit en 1842, il devient monument historique depuis 1977. Il ne reste presque plus de moulin à eau au Québec comme au Canada. Aujourd’hui, on peut y consulter une interprétation du régime seigneurial, disparu du Québec en 1854.




Le moulin m’intéresse d’autant plus qu’une plaque commémorative de Jean Pelletier y a été installée.

 Jean et sa famille furent parmi les premiers pionniers à s’établir à cette seigneurie et ils devinrent des piliers de ce beau village de la Nouvelle-France sis en bordure du fleuve Saint-Laurent.







Bon voyage ! 

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