jeudi 22 octobre 2015

Lecture - Harper Lee - Va et poste une sentinelle


Lecture: 
Auteure : Harper Lee 
Roman : Va et poste une sentinelle
Année : 2015
Édition : HarperCollins


En soi, Harper Lee est une énigme. Alors que son premier roman publié en 1960 reçoit le prix Pulitzer de la littérature en 1961, elle ne produit aucun autre roman par la suite. Du moins, rien sous son véritable nom. Les rumeurs courent qu’elle aurait écrit sous un nom d’emprunt... rien n’a été prouvé. Au fil des ans, elle a publié quelques textes dans les journaux dont la revue Vogue. Puis, son deuxième bouquin apparaît 55 ans plus tard, alors qu’elle a 89 ans. 

J’ai lu « Ne tuez pas l’oiseau moqueur », il y a quelques années avec beaucoup d’intérêt. J’ai d’ailleurs écrit un billet en 2012 suite à cette lecture. Voici le lien : 


Pourquoi a-t-elle attendu autant d’années pour sortir ce second roman ? En fait, nous apprenons selon la presse littéraire que ce deuxième écrit était en fait son premier essai. L’année 1955 n’était peut-être pas une bonne année pour accepter ce type de roman où on dénonce vivement la discrimination raciale. C’était avant Martin Luther King et on ne se préoccupait point de cela. Comme un bobo qu’on ne gratte pas. Voyant son œuvre refusée par les maisons d’édition, l’écrivaine américaine avait simplement continué d’écrire pour proposer une nouvelle œuvre qui fut acceptée et publiée en 1960, au beau milieu des crises américaines sur la discrimination des noirs. Martin Luther King réclamait des changements majeurs et il avait bonne presse. C’était le bon moment et on connaît la suite. To kill a Mockingbird a gagné le prix Pulitzer en 1961 et il fut vendu en plusieurs millions d’exemplaires. 

On comprend aussi par la presse qu’on croyait ce premier manuscrit perdu. Selon la rumeur, il aurait été retrouvé dans une boîte au fond d’un grenier. Il aurait été retrouvé en 2011 ou en 2014, selon le journal qui rapporte le fait. 




Dans ce livre, je retrouve les personnages que j’ai aimés dans le premier, vingt ans plus tard. Scout (Jean Louise) habite maintenant New York. Le livre nous présente notre héroïne en visite chez Atticus, son père vieillissant qu’elle ne voit qu’une fois par année. Vingt ans d’exercice légal ont rendu Atticus aigri et raciste. Elle envisage d’épouser Henry, son ami d’enfance, mais elle refuse sa demande quand elle réalise que, à titre de protégé d’Atticus, il partage ses idées infantilisant le peuple noir. Une chicane familiale s’ensuit. Qui a raison ? Ces gens du Sud qui veulent aider les noirs à s’affranchir en les traitants plutôt comme des enfants ? Où New York où l’argent n’a pas de race ?



J’ai apprécié le débat social sur l’élimination de la discrimination. À quelle vitesse peut-on changer les mœurs ? Quelle attitude, paternaliste ou ouverte, doit-on utiliser ? Peut-on prétendre que le libre choix d’un peuple (les noirs) n’existe pas sans éducation ? Dans le sud des États-Unis, la résistance négative des blancs s’explique par le fait que leurs ancêtres ont pratiqué l’esclavage. Ça laisse des traces. Longtemps. Si chaque individu peut changer rapidement pourvu qu’il le veuille, une société change plus lentement, généralement à la vitesse de ses plus résistants. On peut présumer que l’histoire se passe dans les années 50, alors qu’en Alabama, il y avait encore de la ségrégation dans les écoles, les restaurants, le droit de vote, les transports en commun.

Un livre à lire.

Bonne lecture !

Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante



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