vendredi 19 février 2016

Voyage - Achill Island - là où le temps s'arrête



Le texte complet se trouve dans le recueil « Deux Québécois en vadrouille en Irlande » de mon compte wattpad.com
Chaque voyage que nous faisons est une source incroyable d’apprentissage. Aussi, notre visite, sur cette petite île dans le sud-ouest du comté de Mayo en Irlande, nous a fait beaucoup réfléchir, à voir les choses autrement.  

Achill Island est boudé par la plupart des touristes, surtout ceux qui cherchent à retrouver sur leur chemin, les mêmes affaires qu’ils ont à la maison. Cette petite île a gardé son cachet celte d’antan. En 2004, elle était peu moderne, sans réseau cellulaire ni d’internet. La plupart des habitants y vivaient heureux à un rythme serein. Voici un extrait du texte sur Wattpad.com.
Par contre, l’ambiance de liberté que nous apporte l’air salin et qui nous accueille à notre arrivée aide à éliminer la fatigue et le stress des dernières semaines. Ça valait le déplacement. Achill est une petite île couverte à 75 % d’épaisses tourbières ; ailleurs, quelques montagnes, dont la plus haute dépasse à peine 700 mètres, se terminent en falaise dans la mer. Il y a peu de maisons, même dans les villages. Les anciens crofts, avec leur plancher en terre battue et leur toit de chaume, subsistent encore ici et là, éparpillés dans les vallées peu profondes. On les remarque, coincés entre les tourbières et les nombreux ruisseaux.
La température estivale peu élevée rebute ceux qui cherchent les plages chaudes où les corps presque nus s’alignent pour se faire dorer la couenne. Ici, rien de tel. On porte des pantalons longs, des chandails épais et, la plupart du temps, un anorak pour couper le vent. Voici un autre extrait: 
Le soir, les bourrasques froides se glissent sur cette plage et nous forcent à porter nos chandails et nos anoraks à capuchon pour nous protéger. Nos cœurs de nomade aimant l’hiver, nous nous accommodons facilement de cette atmosphère fraiche qui a l’avantage de faire fuir les autres touristes. Saisir cette vie au ralenti nous permet de vider notre corps de toutes ces heures de vadrouille dans le reste de l’Irlande et nous aide à retrouver cette sérénité qui nous accompagne toujours en nature. Seule la vue de quelques planchistes téméraires et habillés en homme-grenouille nous fait frissonner.
Les activités les plus normales prennent un sens nouveau sur l’île. Ils sont débrouillards et utilisent des méthodes fort originales pour offrir des sports comme ailleurs, mais avec une tournure très... celte ancienne :


À côté de l’aire de camping, il y a un terrain de golf à la mesure de l’île. Il s’agit d’un champ de tourbières, où l’herbe est coupée court par les dents acérées des moutons qui se promènent librement sur le terrain. Les roches rebelles ressortent ici et là, traçant un chemin rempli d’embûches, au grand plaisir des amateurs. Les sportifs font leur jeu dans ces conditions. Qui sait, il y a peut-être des points supplémentaires, ou une amende, si le golfeur frappe un mouton avec sa balle. Et si l’animal part avec la balle, est-ce que le joueur reprend son coup ? Perd-il le point ? 

Quand on visite des coins perdus de la planète, il faut s’attendre à ce que les choses ne fonctionnent pas comme on s’y attend. Disons que, dans cette partie éloignée de l’Irlande, leur manière de faire peut surprendre... un peu, du moins. 


Quelques minutes plus tard, un autre véhicule apparaît sur la route; un corbillard, cette fois. Il est fort luisant en dépit du chemin poussiéreux. Il est suivi par plusieurs voitures. Wow ! C’est un cortège funèbre. Intriguée, j’observe de loin sans manquer de respect. Je vois le chauffeur et son assistant, tous deux vêtus de noir, chapeau compris. Ils aident les porteurs pour amener le cercueil près de la fosse. Après une courte cérémonie, les hommes descendent la tombe dans le trou avec des sangles. Puis tout le monde s’en retourne au village. En passant près de moi, l’assistant du chauffeur me toise d’un air moqueur et me fait un clin d’œil tout en enlevant son chapeau. Et vlan ! Je réalise que ces deux hommes de noir vêtus sont en fait les fossoyeurs de tantôt. Éberluée, je les regarde partir avec leur corbillard vide. Je les entends rire aux éclats… à mes dépens sans aucun doute. 
Je vous invite à lire ces chroniques de voyages qui se trouvent sur mon compte http://www.wattpad.com/suziepelletier.  Ce texte-ci qui nous parle de Achille Island est le 47e texte que j’y dépose. 


Bonne lecture ! 

Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire