vendredi 22 juillet 2016

Voyage 2016 - balade sur le fleuve Saint-Laurent



La journée était sombre et les gouttes d’eau s’acharnaient à tomber du ciel sur le pare-brise pour nous embrouiller la vue. Par contre, il faisait beau à l’intérieur de l’habitacle. Amoureux de la vie, Denis et moi acceptions cette pluie comme une chose inévitable qui n’influencerait pas notre bonheur. Nous apprécions la région de Charlevoix et nous savourions le plaisir d’y vadrouiller à notre aise même si les imperméables étaient de mise. 

Le trajet entre l’Auberge des peupliers de Cap-à-l’Aigle (La Malbaie) et le quai de Baie-Sainte-Catherine ne dure que 50 minutes. Ici, loin du capharnaüm de Montréal les détours pour les travaux routiers ne ralentissent pas notre voyage de plus de quelques minutes à la fois. Il ne pleuvait plus à notre arrivée et les indices d’orages violents prévus par météomédia ne se matérialisaient pas, à notre grand bonheur. Les nuages sont bas et le brouillard enveloppe le fleuve. 

Pendant que j’attendais l’heure du départ, j’observais les environs plutôt calmes, même si un peu sombres. Si le cafard décidait de s’emparer de mon âme, je n’avais qu’à regarder droit devant, en direction de Rivière-du-Loup peut-être, pour sentir le vent du large et un bonheur incommensurable. Disons que ma relation avec la mer est particulière. Une sorte de calme m’envahit chaque fois que je me retrouve à sa proximité. Même pas besoin de m’y tremper l’orteil; l’apercevoir dans toute sa splendeur me suffit. Ma respiration se ralentit et je vibre au diapason avec les vagues. Il faut lire mon texte sur le sujet sur Wattpad.com. Pendant que j’attendais, j’ai pris quelques photos. 

 Le brouillard colle à la rive au sud du quai. Voyez cette mer d’huile... une belle balade sur le fleuve tranquille en perspective.  
 Voici l’autre côté, une vue en direction de Tadoussac que l’on ne peut apercevoir bien caché derrière un immense cap qui s’avance loin dans la mer. 
Enfin ! Le voilà le bateau ! Il s’appelle le Grand Fleuve. Il y a déjà des gens à bord. En effet, il arrive de Tadoussac où il a fait un premier arrêt. 
Puis nous embarquons à notre tour. Détachant ses amarres, le Grand Fleuve glisse sur l’eau calme jusqu’à la masse brumeuse. Je ne suis pas certaine de la direction que suit le bateau, car le brouillard est trop pénétrant. Je décide de faire confiance à l’équipage expérimenté. Je laisse mes émotions m’habiter complètement. Je m’enivre de l’odeur de la mer et du chant des oiseaux.  

Le brouillard
Debout, sur le devant du navire, je laisse le vent du large fouetter mon visage et repousser mes cheveux. Le roulis léger du bateau me berce doucement. Rapidement, le brouillard nous entoure complètement. Seules quelques pointes de roches plutôt sombres en raison de l’absence du soleil nous démontrent que l’abysse n’est pas dans le prochain cent mètres.

Je porte mon regard directement dans la brume, la laissant envelopper mon univers, mon corps et mes idées.

Un zodiac nous double brillamment à ma droite, à tribord, comme on dit quand on bourlingue. Puis, il disparaît dans la ouate grise qui flotte à la surface de l’eau, comme s’il cherchait la fin du monde, juste en avant de nous.

Mes doigts gèlent, mais je tiens à écrire ces quelques lignes sur mon iPhone pour qu’elles ne s’effacent pas de ma mémoire. J’ai peur que la sensation intense se résorbe, une fois de retour au port, et que je perde le fil de mes émotions. Je tape encore quelques mots.

Le phare

 Soudain, le phare qui marque le milieu de la voie maritime du Saint-Laurent sort subitement du brouillard pour tenter de nous impressionner.

Quelques minutes plus tard, nous apercevrons une dizaine de dos blancs qui se tiennent en groupe. Des bélugas.

Nous dépassons la tour, cette structure qui fait penser à une station de forage, mais qui sert plutôt à marquer le temps, l’espace et, sans aucun doute, la présence de l’humanité.

Il a fallu que notre pilote guide le bateau encore plus loin avant que nous apercevions des mastodontes connus sous le nom de « petit rorqual », des phoques et, quelques minutes plus tard, une baleine à bosse.


 Les baleines 
photo de Denis Fortin 

Bien sûr, l’idée de la croisière est d’obtenir des images en témoignage de toutes les bêtes marines que la nature nous offre. Munie uniquement de mon iPhone fort inadéquat pour la photographie à distance, j’ai préféré me concentrer sur l’observation directe. La biologiste en moi se laissait émerveillée par ces animaux de plusieurs mètres de long qui montaient à la surface pour souffler. La photo qui a été prise par mon photographe d’amour, Denis Fortin. 


Le Fjord

Puis, même si nous aurions aimé que la balade se poursuive encore quelques heures, il fallait retourner au port. Notre croisière s’est terminée par une petite incursion dans le fjord du Saguenay.

On y voit au loin, l’un des traversiers qui permettent à la route 138 de se prolonger au-delà de Baie-Sainte-Catherine pour atteindre Sept-Îles, Baie-Comeau et d’autres villes et villages. Nous visiterons un jour ce coin que l’on connait comme « La Côte-Nord »…

Escapade gastronomique

Cette visite a occupé presque toute notre journée. Il faut compter 50 minutes pour se rendre à Baie-Sainte-Catherine. La balade sur le fleuve et le fjord dure trois heures. Et nous avons mis le double du temps requis pour revenir à l’auberge... Non, non, les cônes orange ne nous ont pas dérangés... mais il fallait s’arrêter à quelques boutiques de poterie... une habitude qui marque nos voyages depuis près de 40 ans... 

Nous avons terminé cette magnifique journée par un repas de quatre services à la table de l’auberge, une escapade gastronomique que contenait notre forfait. Délicieux ! 


Suzie Pelletier

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