mercredi 31 août 2016

Voyage 2016 - Maine - L'île Sainte-Croix

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Nous connaissons tous le sieur Samuel de Champlain comme le fondateur de la ville de Québec en 1608 et l’explorateur du fleuve Saint-Laurent dans les années qui suivirent. Peu savent que l’homme avait visité le Saint-Laurent en 1603. Il a aussi servi de navigateur à l’aristocrate français Pierre Dugua, sieur du Mons, en 1604. Ce voyage visait à fonder une colline française sur le large territoire de la Nouvelle-France et établir un poste de traite de fourrure. 

L’expédition a d’abord accosté à l’embouchure de la rivière Sainte-Croix, qui sert aujourd’hui de frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Pendant que Dugua et son équipe s’installaient, Champlain, navigateur et cartographe, partit avec son équipage en direction du sud pour explorer la côte. C’est ainsi qu’il a découvert une île qu’il a nommée « île des monts déserts », puisque cette plaque de terre dans l’océan présentait des sommets dénudés. Les Américains qui s’y sont installés ont conservé le nom d’origine en l’anglicisant : « Mount desert Island ». S’y trouve d’ailleurs la ville portuaire connue aussi pour son invitante villégiature, Bar Harbor. Je vous en parle dans un prochain billet. 





Pour une raison impossible à comprendre, le groupe mené par Dugua a décidé d’installer la colonie sur l’île Sainte-Croix que l’on voit à gauche sur la photo. Elle est un peu difficile à distinguer, car elle se fond dans le décor proposé par l’autre berge qui se trouve au Nouveau-Brunswick. 







source : Patrimoine Canada

Est-ce que les nouveaux arrivants voulaient rester à l’écart des communautés autochtones qui habitaient le coin ? Percevaient-ils que l’île minuscule serait plus facile à défendre ? Somme toute, ils ignoraient tout de la rigueur de nos hivers canadiens alors que la glace allait les isoler complètement du continent qui se trouvait généralement à portée de pagaie. 


Quand l’hiver arriva, il fut plus froid que d’habitude. Sise au milieu de la rivière, l’île fut rapidement entourée de glace. Les marées s’acharnaient à la briser et la soulever en blocs instables. Toute traversée vers la berge continentale s’avérait impossible. Les colons furent privés d’eau potable, de bois pour se chauffer et des fruits de la chasse. Des 79 personnes établies dans l’île, 35 moururent de maladie, de scorbut, de froid et de dysenterie. Dès l’arrivée du premier bateau français, la colonie quitte l’emplacement inquiétant et déménage à Port-Royal, un site plus apte à survivre des rigueurs hivernales de cette Nouvelle-France. Dugua ne remettra plus jamais les pieds en Amérique, mais Champlain y fera conquête après conquête. 

Aujourd’hui, sur la berge américaine, on retrouve un petit parc qui relate cette courte escapade fort meurtrière de ce premier établissement européen. Déclaré monument historique  par les Américains en 1949, l’île a été décrétée « International Historical site of Saint Croix Island » en 1984. Dès 1958, le Canada recommandait que l’importance du site dans l’histoire du Canada soit reconnue. D’ailleurs, le Canada contribue au maintien du site du Maine même si un parc au souvenir de ces premiers colons se trouve à Bayside (à côté de Saint-Andrews, juste en face de l’île. 

Une photo de la maquette qui reconstitue l’Habitation, l’établissement que la colonie construit en 1604-1605.  


Une tragédie qui coûta la vie à 35 personnes en quelques mois.

Quelques mots : rudimentaires; inadéquats; folie basée sur l’ignorance du climat de la Nouvelle-France. 

Voici quelques sites web à visiter pour en savoir plus : 

Parcs Canada
Wikipédia

 Je vous laisse avec une image que je commenterai comme ceci : quand on reste dans son petit patelin, on a l’impression d'être le nombril du monde. C’est en lisant, en naviguant sur le net, en voyageant ou simplement en s’intéressant aux autres que l’on grandit. Accepter d’ouvrir nos horizons change parfois notre perspective. 




Stay tuned... le voyage se poursuit...



Suzie Pelletier

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