lundi 4 juillet 2016

Voyage - Irlande - Dingle Peninsula



C'était en 2004. Notre voyage en Irlande se poursuit.  Nous fêtions nos 50 ans en vagabondant sur des circuits isolés de l'île Émeraude.  Les textes complets de mes récits de voyage sont déposés sur ma page Wattpad.com.  Ce billet, qui comprend quelques citations, vise à donner un aperçu de ce que je raconte par mes récits de voyages.

Ce jour-là, quelque part en juillet 2004, une belle aventure se préparait. Étonnement, émerveillement, curiosité et... sueurs froides nous attendaient. D'abord, l'Irlande, un roc solide sur l'océan Atlantique fouetté par le vent et grugé par la vague, nous présente des paysages extraordinaires. Voici une description :
Dans le sud-ouest de l’Irlande, le territoire du bord de la mer est très morcelé. Les immenses plages sont séparées par de hautes falaises qui tombent dans les flots. Pour atteindre ces rives, l’eau de l’océan doit contourner de nombreuses îles et plusieurs péninsules qui s’avancent loin dans toutes les directions. Un effet direct du retrait des glaces, lors de la dernière glaciation. Les bras de terre s’étirent parfois sur une distance de 60 kilomètres dans la mer. Le sommet des montagnes qui les recouvrent trône à 500 ou 600 mètres d’altitude, témoignant de son lien ancien avec les Appalaches d’Amérique.
À vol d’oiseau, on dirait qu’un ours géant a grafigné le sol de ses ongles acérés, d’un coup de patte rageur, pour n’y laisser que des vestiges ; la terre résiduelle se serait retrouvée ici et là, en tas disparates pour créer un archipel élaboré. La brutalité des lieux s’arrime avec la force herculéenne de l’océan. Tout simplement sublime.
Un peu plus haut, je vous ai parlé de sueurs froides. Ne vous en faites pas, nous n'avons vécu aucune histoire d'horreur lors de notre visite. Par contre, dois-je je répéter... j'ai le vertige. Quelle idée avons-nous eu de passer par un col de montagne ? Tout est une question de priorité ! Je préfère subir le malaise du mal des hauteurs plutôt que de manquer une belle expérience. Voici un exemple de ce que j'au dû vivre :
Le chemin étroit est limité à gauche par la paroi rocheuse dont certaines aspérités touchent presque la peinture neuve de la voiture. De l’autre côté, c’est le vide entre le bord de la route et la plaine tout en dessous. À plusieurs reprises, je dois m’arrêter pour permettre à un véhicule de passer en sens inverse. Chaque fois, j’ai remercié le hasard qui nous a fait aborder cette route dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, ce qui m’offrait la possibilité de coller la paroi pour laisser passer les autres ; sinon, j’aurais dû placer les roues de gauche de notre voiture dans le vide pour permettre le trafic dans les deux sens. Trop peu pour moi. Le vertige m’attaque régulièrement, mais je réussis tant bien que mal à me rendre au premier belvédère où nous faisons un petit arrêt. J’en profite pour me dégourdir les jambes… et calmer mes nerfs qui ont été mis à rudes épreuves. Comme toujours dans ces circonstances, le soulagement que ce bout d’aventure soit terminé fait bon ménage avec la fierté d’avoir réussi, encore une fois, à atteindre mon objectif malgré la complexité que me présente continuellement ce vertige. 
J'affronte mes peurs pour vivre des moments très intenses. La fierté de vaincre s'ajoute à l'euphorie de découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles sensations. L'arrivée au sommet est un instant émouvant; on le voit par la réaction des visiteurs.

Assise sur le bord du mur de pierre qui délimite le belvédère, je m’abreuve de cette vue magnifique. J’écoute le vent qui descend dans la montagne et siffle dans les hautes herbes qui poussent tout à côté. Des moutons broutent un peu plus loin et font sonner leurs clochettes. J’entends aussi le chant des oiseaux qui habitent le sommet.
Cette symphonie magique n’est interrompue que par quelques claquements de porte lorsque les touristes arrivent et repartent. Bien qu’il y ait en tout temps plusieurs autos dans le stationnement, les gens ne font presque pas de bruits. Les vacanciers qui ont bravé la route pour atteindre le col semblent sans voix à leur arrivée au sommet. Par respect pour l’immensité du spectacle naturel, les gens parlent peu et à voix basse. On dirait un sanctuaire religieux qui nous invite plutôt à réfléchir sur l’univers qu’à verbaliser l’euphorie du moment. Plusieurs chaussent leurs bottes de montagnes et disparaissent derrière la première colline. Ils reviendront avec des étoiles dans les yeux.
Ce que l'on apprend au cours de nos voyages devient une source d'inspiration à d'autres moments de notre vie. En révisant ce texte vieux de 12 ans, j'ai retrouvé l'évènement qui m'a servi dans mes écrits plus récents. Nadine, le personnage central de la série Le Pays de la Terre perdue, utilise cette technique « pierre sur pierre » à plusieurs reprises pour construire des abris au cours de son périple dans ce monde dépourvu de civilisation, donc de technologie.
Ces anciens Celtes ont bâti leur habitation avec les matériaux disponibles sur cette île où les forêts ont presque disparu. La technique, une méthode vieille de milliers d’années, consiste à placer des pierres les unes sur les autres, sans aucun ciment, pour monter des murs ronds de deux ou trois pieds d’épaisseur. Astucieux. Ça résiste au vent, c’est certain. On peut comparer leur ingéniosité avec celle de nos Amérindiens qui construisaient des habitations selon leurs besoins. Les plus sédentaires, ceux qui s’adonnent à l’agriculture, les maisons-longues bâties de bois font office de logement permanent. Chez les nomades, le tipi rond et pointu, fabriqué avec des arbres et des peaux de bête, leur suffit. Autrefois, les Inuits façonnaient des igloos avec des blocs de glace. Les habitations amérindiennes ont laissé peu de vestiges, en raison de la réabsorption rapide par la nature des matériaux utilisés. Celles des ancêtres celtes existent encore ; des millions d’années seront nécessaires pour altérer chaque caillou. 
 Ce récit de huit pages contient plus de 2800 mots.  Il s'ajoute à une série de 16 textes écrits à la suite d'un merveilleux voyage sur l'île Émeraude.

Bonne Lecture ! 


Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante


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