mardi 20 juin 2017

Europe 2017 – Budapest – un jour de trop (15 juin 2017)


Ce matin-là, en nous réveillant, nous nous demandions ce qui nous faisions encore à Budapest. Une troisième journée dans le bruit des autos, des hurlements de sirènes et avec  la poussière. À notre avis, c’était de trop. Pour ajouter à notre inconfort, l’humidité était à couper au couteau. On annonce 28 °C, ce qui veut dire qu’au soleil, sans vent, ce sera plus près de 33 ou 35 °C. 
Nous sommes partis pour la ville plus tard que d’habitude. En conséquence, le bus était bondé. Peu importe. Il n’était pas question de passer cette journée à l’hôtel ! Nous cherchions à nous rendre sur la rive ouest du Danube (quartier du château). Quelque chose trottait dans la tête. J’ai décidé de présenter mon idée à Denis. Il m’a regardée d’un air surpris. « Es-tu certaine ? » m’a-t-il dit. J’étais toujours à la recherche d’un pont pour une nouvelle que je suis en train d’écrire. Pourquoi pas celui-là ? Le hic, c’est qu’il fallait le traverser à pied pour bien le voir… Que voulez-vous, j’aime les précisions…
C’est ainsi que l’autobus nous a débarqués à l’entrée du pont des chaînes. Il s’agit du premier pont permanent qui a joint les deux rives du fleuve, concrétisant la réunion de deux villes, Buda et Pest en 1849. Il fait 330 mètres de long et il est très, très, très haut. Je l’ai traversé lentement, examinant tout ce qui était nécessaire à mon histoire. J’avais mal au cœur et j’avais froid, malgré les 28 °C. Mes genoux tremblaient. J’ai ravalé et j’ai continué pour me rendre finalement de l’autre côté. Je pouvais enfin dire que je l’avais traversé à pied, mais j’ai pris l’autobus pour revenir !
Photo prise de la rive ouest du Danube
Pont des chaînes
Sur la rive ouest, en bas de la forteresse, nous nous attendions à trouver de petits cafés, des boutiques, des magasins spécialisés. Je crois qu’on pensait trop à la vieille ville de Québec. Nous avons été déçus. Il y a bien sûr le carré Széchenyl où l’on a vu plusieurs attractions, de la crème glacée, des breuvages, etc. Malheureusement, l’aspect décrépi des maisons et l’atmosphère morne du quartier ressemblaient trop à la rue de notre hôtel. 
C’est au cours de cette promenade que nous avons eu une aventure qui nous a laissés perplexes. Un homme nous a accostés en pleine rue. Il se disait Italien et perdu dans la ville. Il parlait l’anglais et nous avons tenté de l’aider. C’est à ce moment qu’un autre homme s’est approché en présentant une carte où l’on voyait très bien écrit le mot « police ». Il a d’abord parlé avec le présumé Italien. La conversation se tenait en hongrois. Nous ne comprenions pas. Le policier nous a demandé, en anglais, si nous connaissions l’individu, ce que nous avons bien sûr nié. Le policier a demandé au présumé italien de montrer son passeport. Quand Denis a tenté de sortir le sien, le policier lui a ordonné d’attendre. Il a examiné le passeport de l’autre, puis il a réclamé de voir son paquet de cigarettes ; il a sniffé celui-ci avant de le retourner. Puis, il a exigé que le présumé Italien sorte son porte-monnaie. J’ai vu des liasses de billets hongrois et américains, des euros et d’autres que je distinguais mal. Ça m’a surprise et intriguée. Quand le policier nous a demandé, en anglais, de montrer notre argent, il a bien vu que nous avions chacun quelques forints, un peu d’euros et quelques dollars canadiens.
Le policier semblait sermonner le supposé Italien. Le visage de l’homme était sérieux et il a paru soulager quand le policier nous a laissés partir, l’Italien dans une direction et nous, vers une autre. 
Que venait-il de se passer ? Nous n’aurons peut-être jamais la réponse. Sur le coup, nous avons présumé que le policier suivait depuis un moment le présumé Italien. Ça expliquait son arrivée très rapide pour nous intercepter. Cherchait-il à mettre la main au collet d’un vendeur de drogue ? Il a bien vu que nous n’avions pas les fonds nécessaires pour un tel achat. Cherchait-il à coincer un changeur d’argent, activité illégale en Hongrie, sauf si vous êtes une banque ? Cette dernière supposition expliquerait la grande quantité d’argent que l’homme avait dans son portefeuille. Le policier serait-il venu à la rescousse de deux touristes en identifiant une arnaque quelconque ? C'est possible...
Quand j’y repense maintenant, je me demande si toute la scène n’était pas une tentative d’arnaque, le policier inclus. Ce dernier nous a présenté sa carte et l’a replacée rapidement dans sa poche. Avons-nous bien vu ? Était-elle fausse ? Impossible de le savoir. Pourquoi le policier n’a-t-il pas demandé à voir nos passeports ? N’est-ce pas standard pour toutes les polices du monde que de vérifier l’identité des intervenants ?
Une question demeure entière dans ma tête : que se serait-il passé si nous avions eu beaucoup d’argent sur nous ? Nous aurait-on menacés pour nous offrir ensuite un « deal » qui se serait terminé par le transfert d’une somme d’argent, pour soi-disant conserver notre liberté ? Nous étions seuls sur la route quand l’Italien nous a apostrophés. Carte en main et parlant français, c’est certain qu’on faisait très touriste.
Le fait que Denis a vu le policier suivre le présumé Italien et parler au walkie-talkie quelques dizaines de mètres plus loin donne du crédit à nos premières impressions. Je m’en fais peut-être pour rien. Il faut croire que ma cervelle d’écrivain surchauffe.
Mon bureau d'écriture en voyage

Bref, tout est bien qui finit bien. Tiens ! Je pense quand même que cette scène va se retrouver dans un livre prochainement… Qu’en pensez-vous ?



Faites le voyage avec moi, suivez mon blogue. 

Suzie Pelletier



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