mardi 17 septembre 2019

Le petit train des Alpes


Samedi 14 septembre 2019

Voyage « Lacs suisses et Rhin enchanteur » (texte no 8)

Schynige Platte est une gare ferroviaire sise à une altitude de 1967 mètres, dans L’Oberland bernois. On peut l’atteindre à pieds sans doute, mais pourquoi ne pas prendre le train ? 

Le train grimpe le long du chemin de fer à crémaillère Schynige Platte-Bahn qui, depuis 1893, va de Wildersmill jusqu’à la gare Schynige Platte. On a électrifié le système en 1914. Le trajet dure un peu plus de 50 minutes sur un dénivelé de 1403 mètres pour sept kilomètres. Deux arrêts sont prévus pour permettre aux marcheurs de trouver des sentiers pédestres forts nombreux dans la région. La gare de Rotenegg se trouve à 886 mètres d’altitude et celle de Breitlauenen à 1542 mètres. Ces deux points d’arrêt permettent aussi le croisement efficace des trains qui montent et de ceux qui descendent. 

Gare de Schynige Platte (1967 mètres d'altitude)

L’idée de grimper là-haut est d’observer le massif du Jungfrau qui culmine à 4158 mètres d’altitudes, juste en face. 

J'ai hâte, mais quelque chose me dérange. J’étais encore à l’hôtel quand l’idée du vertige a commencé à m’affecter. Ça me rend fébrile. Aujourd’hui, je devrai passer la journée sous contrôle émotif (réduire la peur d’avoir le vertige et faire taire la peur qu’engendre le vertige) afin de pouvoir profiter des paysages montagneux. 

Même l'agréable randonnée en bateau de la matinée n’a pas réussi à réduire cette tension qui s’est logée sous mes omoplates. Pourtant, je suis le groupe patiemment, comme si de rien n’était. Je tente de me rassurer. « Ce train existe depuis plus de cent ans ! C’est solide une crémaillère, non ? Ça ne déraille pas ! » que je me dis. Je m’encourage, sachant qu’arrivée en haut, je perdrais ce vertige presque complètement. Ma peur se changera aussitôt en fierté d'avoir relevé le défi. Puis, redescendre sera facile ! Ça, je le sais!  Parce que ce n’est pas la première fois que je passe par-dessus le vertige pour atteindre un but. 

Mais il faut d’abord grimper cette foutue montagne ! Je ferme les yeux un tout petit instant puis, d’un pas décidé, je monte à bord du train sans fenêtre, cherchant une place au centre du wagon. Je ne sais pas de quel côté seront les ravins… parce qu’il y a toujours des ravins en montagnes. J’apprendrai rapidement que les trous qui m’apparaissent sans fonds apparaissent des deux côtés en alternance. 

Le petit train à crémaillère
 Le train démarre à petite vitesse et ça me rassure. Quand on commence à monter, j’aperçois le magnifique village du haut de la première colline. Que c’est beau ! Puis, je perds mon vertige dans la beauté des paysages qui nous bousculent les émotions à chaque  mètre. Lorsque que le train roule trop près d’un gouffre, je ferme les yeux pour récupérer mon équilibre, mais pas trop longtemps ! Je ne veux rien perdre des scènes pittoresques qui se déroulent partout autour de moi. 

Puis, à la suite d’un dernier virage, près de la ligne des arbres, le massif auquel appartient le Jungfrau apparaît dans toute sa splendeur. Là-haut, au sommet, le vertige disparaît complètement. Dès lors, je sais que je n’aurai pas assez de temps pour bien contempler et admirer ces sommets enneigés qui m’éblouissent.

Notre comité d'accueil

Tout simplement magnifique

Dire que nous sommes partis d'en bas !

Quelques plis dans la roches montrent le dur labeur de la Terre
Puis, il a fallu remonter dans le train. C’est avec nostalgie que nous sommes redescendus, l’air frais dans nos poumons, les yeux remplis de merveilles et une petite larme triste sur notre joue. 

Quand reviendrons-nous ? Peut-être jamais…

Vous avez aimé les musiciens qui jouaient du cor alpin ? Dans mon prochain blogue je vous présente quelqu'un qui en fabrique. À ne pas manquer ! 


Suzie Pelletier, écrivaine

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire