lundi 17 avril 2017

Écriture - les intervenants

                                                     * Autres textes sur l'écriture *

Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d'une suite de six réflexions qui s'intitule « Quand l'idée s'envole vers le lecteur»

Le lecteur s’intéresse au livre en fonction de plusieurs facteurs. L’image (la C1, dans le jargon littéraire) l’attire. Il prend le bouquin dans ses mains, lit la quatrième de couverture (la C4). Il porte attention au nom de l’auteur, à celui de la maison d’édition. Un lecteur averti note l’ISBN, le CIP, le code-bar, la page des crédits, le copyright. Tous ces détails sont importants dans la fabrication d’un livre.

OK… mais l’auteur, lui, il commence par quoi? D’accord, examinons le travail des intervenants dans la production d’un livre.

Le processus d’édition varie d’une maison à l’autre, tout comme les talents des éditeurs. Le créateur doit chercher ce qui lui convient. Il prend son temps, pose les bonnes questions et il tient compte de ses propres contraintes et de ses besoins. J’espère que ce billet contribuera à aider l’auteur dans ses choix.

La création :
L’idée appartient au créateur. Il la valide et effectue les recherches nécessaires. Il écrit le texte, le corrige, le réécrit, le révise et le corrige encore. Il est imputable de la qualité du manuscrit, tant en ce qui a trait à l’originalité, le bon usage de la langue et la cohérence du récit. Il soigne la présentation de son texte pour le transformer en un manuscrit stable et publiable. En échange, il jouit d’une grande liberté pour le développement de l’histoire. Son travail dure des mois, des années même.
Note : Le créateur est le moteur de la chaîne du livre. Sans lui, il n’y a pas de bouquin. Pas d’industrie du livre non plus. Apprenons à mieux reconnaître son apport dans le milieu littéraire au Québec.
La collaboration :
L’auteur consulte plusieurs personnes au cours de l’écriture de son texte, pour améliorer son histoire comme : un coach, un comité de lecture, les bêta-lecteurs, des spécialistes dans les sujets traités dans son livre et d’autres.
Note : les collaborateurs les plus importants sont les membres de sa famille et ses amis proches. Ils sont là, parfois dans l’ombre, à l’observer s’engouffrer dans son monde inventé, sans s’offusquer. Ils sont toujours là quand le créateur sort finalement de sa bulle pour reprendre sa vie sociale.
L’édition :
De façon générale, l’édition consiste à rendre l’histoire accessible, sous la forme d’un livre, aux lecteurs. L’éditeur évalue le manuscrit et décide de l’éditer ou pas. Il coache l’auteur pour améliorer son texte. Il négocie le travail de professionnels tout au long du processus. Il vérifie aussi que toutes les informations que doit contenir un livre (l’ISBN, le catalogage, le droit d’auteur, la pagination, et bien d’autres) sont exactes. Il agit en contrôleur de qualité. Cette phase prend entre trois et six mois. Les étapes principales sont les suivantes : la correction, l’infographie, la correction d’épreuves, et l’impression. L’édition fait l’objet de mon prochain blogue.

Note : plus la synergie est grande entre le créateur et l’éditeur, plus la qualité du livre sera excellente. Pour l’auteur, le choix d’un éditeur avec qui il est à l’aise et se sent respecté est capital. 
La distribution :
L’auteur peut écrire la plus merveilleuse histoire et l’éditeur fabriquer le plus beau bouquin, mais ça n’ira pas très loin si le livre demeure inaccessible. Le distributeur fournit les exemplaires aux libraires. L’auteur et l’éditeur font de nombreux efforts pour faire connaître le livre, mais il demeure que les possibilités de ventes qu’apportent plus de 450 librairies au Québec ne sont pas à négliger.
Note : Si vous hésitez à requérir au service d’un distributeur, sachez que la disponibilité de vos livres en librairie est un critère sine qua non pour avoir le droit de les exposer dans les Salons du livre au Québec.
La diffusion :

Le distributeur assume souvent le rôle de diffusion, c’est-à-dire de présenter les nouveautés aux détaillants et de leur laisser des livres en office chez les libraires. Parfois, l’éditeur engage un diffuseur pour faire la promotion de ses livres. Ça a du sens considérant que plusieurs dizaines de milliers de bouquins sont imprimés chaque année. Le libraire, aussi compétent qu’il soit, ne peut les connaître tous. Par contre, pour qu’il puisse vendre le livre, le libraire doit savoir qu’il existe. La fonction de diffusion prend ainsi tout son sens. 

Note : Le diffuseur participe à la promotion du livre en favorisant son placement sur les rayons des librairies.

Le libraire :
Selon la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre de 1981, le libraire est l’agent principal de la promotion du livre au Québec. La loi protège son revenu, pourvu qu’il y ait des ventes. Cependant, depuis 1981, le comportement des Québécois a changé. Certains préfèrent le livre numérique pour sa portabilité. Ils commandent aussi leurs exemplaires en ligne, ajoutant le coût de transport plutôt que de se déplacer. Les ventes à prix réduits des grandes surfaces diminuent d’autant les revenus du libraire. Les lecteurs visitent de moins en moins la librairie de leur quartier. En conséquence, le libraire réduit sa surface littéraire et s’engage dans la vente d’autres produits. 
Note : L’écrivain visite tous les coins du Québec pour présenter son livre. Pourquoi ne pas prendre une heure ou deux pour rencontrer les libraires de la région? Ils sont accueillants. Ils aiment les bouquins. On y gagne à les connaître.
Le lecteur :
Hé oui! Le lecteur fait également partie des intervenants. De plusieurs façons, d’ailleurs. Dans la chaîne du livre, il est LE consommateur. Il achète son exemplaire dans un Salon du livre, une foire, une grande surface, en ligne ou chez le libraire du coin. Il pourrait aussi demander à sa bibliothèque de l’acheter. Il parlera du livre à d’autres qui, à leur tour, se le procureront. Ainsi le lecteur devient un véhicule puissant pour la promotion de l’oeuvre. Son apport sera efficace pourvu qu’il aime le livre...
Note 1 : Il ne faut pas négliger le rôle du lecteur dans la stratégie de marketing. Sauf, bien sûr, si vous lui vendez un produit défectueux, imparfait, plein de fautes et mal écrit.
Note 2 : On espère toujours que le lecteur adopte notre livre, mais la situation devient gratifiante quand il adopte l’écrivain. Il est donc très important de le traiter avec l’égard dû à quelqu’un qui participe à la rentabilité de notre entreprise.
Le marketing :
Une fois que le livre est produit, il faut trouver la clientèle appropriée. Les Salons du livre, les dédicaces en librairie et les lancements font partie de la phase marketing. L’éditeur place le livre sur différentes plateformes de ventes (Kobo, Kindle, Amazon, Chapters-Indigo, son site web, des communiqués de presse, autres). De son côté, l’auteur participe aux activités prévues par l’éditeur, mais aussi, en se faisant connaître par lui-même en tant qu’écrivain.
Note : j’invite les auteurs à visiter le site Éditions du Défi/marketing d’auteur où ce sujet est débattu largement.
Entrepreneuriat :
On me demande souvent combien d’heures prend la gestion de mon entreprise (l’administration, l’édition, la gestion des contacts, la promotion, le marketing, les communications, les présences en Salon du livre, les voyages, les conférences…, ouf!). Quand j’ai décidé de fonder ma propre maison d’édition, j’ai aussi déterminé que l’administration de mon entreprise ne prendrait jamais plus que la moitié des heures dédiées à l’écriture. Ça demeure un défi quotidien. 

Bref, je suis une écrivaine… et une femme d’affaires. Heureusement, les deux carrières s’arriment adéquatement et me comblent de bonheur.
Aujourd’hui, le milieu littéraire est saturé du point de vue de l’offre. La clientèle s’effrite au profit d’autres médiums plus visuels. Il vaut mieux que l’auteur développe des compétences d’entrepreneuriat pour faire carrière et établir son propre plan marketing, peu importe le type d’édition qu’il choisit.


Je vous souhaite de belles heures d’écriture!
Suzie Pelletier




lundi 10 avril 2017

Écriture - La force du coaching


Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d'une suite de six réflexions qui s'intitule « Quand l'idée s'envole vers le lecteur»

À la demande de plusieurs personnes qui ont lu ma rubrique sur l’écriture, des collègues écrivains pour la plupart, j’ai accepté de discuter un peu plus à fond la démarche de coaching comme outils de travail et d’apprentissage pour l’écrivain.
Définition
On utilise le coaching en entreprise avec beaucoup de succès depuis les années 1990s. Par un accompagnement personnalisé, le coaché améliore ses compétences dans un domaine particulier. Bien qu’une démarche de coaching peut inclure l’acquisition du savoir (connaissances) et du savoir-être (comportement, attitude), elle sert surtout à développer le savoir-faire (compétences). L’utilisation du coaching dans le sport et en gestion est fort connue. Il devient également populaire dans le domaine de l’écriture.
  • La démarche doit bien définir l’apprentissage visé, la durée estimée, le temps consacré à l’exercice et le rôle de chacun.
  • Le coaching est basé sur une relation de confiance et la communication. 
Il est à noter que le coaching est rarement gratuit. Chaque heure de coaching éloigne un auteur de son métier et de sa passion, celui d’écrire. Si on fait appel à son expertise dans une démarche de coaching, c’est la moindre des choses qu’on le paie. 

Responsabilités du coach
N’est pas coach qui veut…
En effet, on ne s’improvise pas coach, comme ça, un bon matin. Le coach possède un savoir et un savoir-faire considérable dans le domaine visé et il possède de l’expérience de formation. Excellent communicateur, il crée une atmosphère propice à l’apprentissage. Il explique l’ABC du métier et adopte une approche ouverte et directe avec le coaché.
Un bon coach comprend qu’il joue un rôle important dans la carrière du coaché. Une mauvaise approche peut nuire aux chances de ce dernier de voir un jour son ouvrage publié. D’ailleurs, un bon coach saura stopper la démarche s’il se rend compte qu’il ne peut aider ou si le coaché développe une dépendance plutôt que son autonomie.
Un bon coach ne cherche pas à fabriquer une copie de lui-même. Il aide plutôt le coaché à développer ses propres manières d’atteindre ses buts.
De façon générale, son rôle comprend les volets suivants :  
  • La formation de la personne coachée dans son domaine;
  • la recherche de l’autonomie du coaché dans le métier;
  • l’enseignement de l’art d’écrire;
  • la création d’une atmosphère propice à l’apprentissage; et
  • la communication claire, ouverte et véritable.

La démarche exige que le coach investisse de l’énergie et du temps. Pour cette raison, un coach prend rarement plus de deux coachés en même temps. Il les rencontre séparément.
Responsabilité du coaché
Le coaché n’est pas l’employé du coach…
En effet, la démarche de coaching est basée sur le partenariat entre les deux intervenants, celui qui partage son savoir-faire et celui qui construit le sien. Le coaché s’implique personnellement dans la démarche. Il initie généralement la relation et il s’implique totalement dans ce modèle de formation. Par ses actions, il influence la durée du coaching par sa vitesse d’apprentissage et ses démarches personnelles d’apprentissage.
Un coaché écoute les conseils, questionne les points à éclaircir, réfléchis puis fait ses choix. Il est entièrement responsable de son apprentissage.
Un coaché trace son propre chemin. Il utilise le partage du savoir-faire du coach et l’environnement d’apprentissage pour développer ses propres compétences.
De façon générale, le rôle du coaché comprend les actions suivantes :
  • Assumer entièrement son apprentissage;
  • démontrer une grande volonté d’apprendre;
  • retenir ce dont il a besoin pour répondre à ses attentes;
  • communiquer adéquatement ses attentes, ses craintes, etc.; et
  • garder une ouverture d’esprit pour mieux profiter des échanges avec le coach.

Gestion des attentes
Une démarche de coaching dure généralement plusieurs mois. Elle commence par une première séance pour bâtir la relation de confiance, discuter de la démarche et préciser les attentes. Cette étape est cruciale avant de s’engager complètement. De façon générale, les critères suivants s’appliquent :
  • La durée des séances de coaching dépend du coach et des besoins d’apprentissage du coaché (entre une et trois heures).
  • Le coaching rend le coaché autonome, et non pas dépendant.
  • Les attentes de part et d’autre doivent être claires dès le départ.
  • Le coaching est un outil d’apprentissage basé sur la communication ouverte.
  • Le coût de base, un taux horaire ou taux à la page, doit être clair. Si la démarche comprend la révision d’un manuscrit, le coût peut être établi par page.
  • Le coach et le coaché peuvent terminer la démarche à n’importe quel temps.
Il est fortement suggéré d’établir un contrat pour préciser le coût, le contexte, les limites, les enjeux, les attentes et les contraintes de la démarche de coaching.

Où trouve-t-on un coach?
La question principale touche plutôt l’identification du besoin. Dans le monde littéraire, le coaching s’attaque à la technique d’écriture, la façon dont on travaille un texte. À tire d’exemple, un coach ne corrigera pas vos fautes d’orthographe, mais il vous donnera des solutions pour que vous vous en occupiez vous-même. De la même manière, il ne réécrira pas votre texte; plutôt, il vous enseignera des manières différentes de travailler votre manuscrit. Il pointera des pistes d’amélioration sans jamais vous forcer à les adopter.
Est-ce bien ce dont vous avez besoin?
Les méthodes d’apprentissage sont nombreuses. Comme le «coaching en écriture» devient populaire, on utilise le mot à toutes les sauces. Le coaching sert pour l’amélioration du savoir-faire. Entre autres,
  • Si on offre une démarche à plus d’une personne, ce n’est pas du coaching, mais de la formation.
  • Si le besoin touche plutôt le savoir-être, on cherche plutôt un mentor.
  • Si on cherche à améliorer son savoir, pour une préparation pour des dédicaces par exemple ou pour un volet particulier de la langue française, on parle de tutorat.
Veuillez noter que je trouve inapproprié de présenter sur mon blogue des noms de coach et leurs coordonnées. Assumant mon rôle de coach, je refuse de faire la recherche à la place de l’auteur. Je préfère vous offrir «le comment», c’est-à-dire de vous aider à devenir autonome dans vos recherches. Entre autres, essayez les activités suivantes :

Une recherche du WEB fera ressortir de nombreuses offres. Bien sûr, je vous suggère de bien magasiner. Demandez des références. Il y a de tout, de l’excellent, du bon et du pire.
Votre éditeur peut généralement vous aider à trouver un coach. Il se pourrait même que la maison d’édition accepte de payer, en tout ou en partie, les sessions de coaching.  
Les associations régionales d’auteurs devraient normalement connaître ceux et celles qui offrent du coaching dans leur région. on pourra aussi vous aider à bien évaluer votre besoin.
L’union des écrivaines et des écrivains québécois garde une rubrique «petites annonces» sur son site web. S’il n’est pas fait mention de «coaching», on y trouve d’autres offres intéressantes.
Un dernier conseil
En terminant, je dois dire que le coaching n’est pas efficace pour tout le monde. J’ai vu trop souvent des gens abandonner leur rêve parce qu’ils n’ont pas pris le temps de bien cadrer leur modèle d’apprentissage. Pour sa part, le coaching demande un investissement en temps, en énergie et en émotion de la part du coaché. Le processus ouvert et souvent non structuré rebute ceux qui ont besoin d’une formation plus organisée. Parfois, il est préférable d’utiliser une autre méthode d’apprentissage qui répondra mieux à une question pointue (le tutorat, un groupe d’écriture, un atelier ou de la formation en classe).

Dans mon prochain blogue, je vous parle des intervenants dans la production d’un livre. Certains me diront «enfin!» Eh oui! Dans toute chose, il faut commencer par le début, c’est-à-dire comprendre l’environnement dans lequel on s’apprête à sauter. Puis, en ce qui concerne l’écriture, il faut d’abord produire un manuscrit de qualité avant d’éditer son livre.
Je vous souhaite de belles heures d’écriture!
Suzie Pelletier


lundi 3 avril 2017

Écriture - une question d'apprentissage

                                                     * Autres textes sur l'écritures *


Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d’une suite de réflexions qui s’intitule « Quand l’idée s’envole vers le lecteur »

J’en ai parlé. J’en parle. J’en parlerai encore ! L’apprentissage a une importance capitale dans ma façon d’être. Un souffle de vie. Je l’applique sans retenue à mon métier d’écrivain. 

Un texte n’est jamais parfait. S’il est, pour un instant, le summum de nos réalisations, le moment d’après nous propose un potentiel d’amélioration pour le prochain texte. Croire que l’on n’apprendra plus ou que l’on a atteint la perfection dans l’écriture transforme la fierté, normale en raison de la réussite, en orgueil qui gonfle exagérément le torse. En Salon du livre, on voit ces auteurs déambuler dans les allées avec le nez en l’air. Remarquez que cette démarche hautaine n’a rien à voir avec celle de marcher la tête haute, un signe de satisfaction et d’assurance. 

L’auteur imbu de lui-même ne regarde personne et il s’imagine que tous les yeux sont tournés vers lui avec admiration. L’observatrice que je suis remarque plutôt les sourires narquois et les claquements de langue désapprobateurs. Je vois en ce comportement la mort de l’âme de l’écrivain. Croyant avoir atteint le nirvana sur terre, il cesse d’apprendre et de s’améliorer. La vie peut-elle être belle sans nouveauté, sans curiosité ? Sans étonnement, ce fier pet nous parle du syndrome de la page blanche. Il ne sait pas sur quoi écrire parce que son cerveau s’arrime avec ses acquis plutôt que sur la nouveauté que lui apporte l’instant présent. Son cerveau, bloqué à la découverte, s’assèche. Il fait beaucoup de torts à l’industrie du livre en propageant une image de l’écrivain qui n’est partagée que par une poignée d’auteurs, mais qui, malheureusement, reste fort visible. 

Note :  Explorer un sentier de la connaissance permet d’en découvrir trois ou quatre autres qu’on ne savait pas qu’ils existaient. Déroutant ? Non! ça excite ! L’euphorie totale ! On s’y engage tout de suite, sans perdre une minute, s’essoufflant au passage. Ça nourrit l’âme, le cœur et l’esprit !

Apprentissage et amélioration continue

Peu importe le domaine de travail ou d’expertise, le fait de cesser d’apprendre correspond à mettre sa carrière en veilleuse. On l’entend en politique, en enseignement, en médecine, en plomberie, au tennis, au hockey, en menuiserie, en informatique, etc. La nécessité de se renouveler est constante, peu importe le métier. Pourquoi ce principe ne s’appliquerait-il pas aussi au milieu littéraire ? À mon point de vue, l’apprentissage et l’amélioration continue sont particulièrement importants pour les créateurs, mais il s’applique également aux professionnels de l’édition, aux éditeurs, aux libraires, aux distributeurs et aux Salons du livre. 

Parlons un peu d’amélioration continue dans un sens plus noble... L’Humain n’a jamais fini d’apprendre. Chaque stimulus qui le frappe le fait réagir. Ça fait de lui un être adaptable, en évolution constante. C’est ainsi que l’espérance de vie grimpe chaque décennie. Malgré ses limites physiques, l’Homme a exploré le fond de l’océan, mis le pied sur la lune, exploré virtuellement des planètes à 40 années-lumière pour y chercher une forme de vie.  

Le principe associé à l’apprentissage continu crée un environnement qui permet à une personne d’acquérir des connaissances (le savoir), à développer des compétences (le savoir-faire) et à adopter des comportements appropriés à son métier (le savoir-être). C’est tellement important que certains pays se sont dotés d’une loi qui définit ce type de formation comme un droit fondamental du travailleur. 

Ce modèle de formation permet aux personnes qui sont dans la vie active, ou les retraités comme moi, de pouvoir améliorer leurs compétences, de s’adapter aux nouvelles technologies, aux pratiques ou aux méthodes appliquées à leur entreprise. 
Note : dans le même souffle, l’amélioration continue aide à perfectionner les produits, les services et les processus d’une entreprise. Pourquoi ne pas l’appliquer au savoir, au savoir-faire et au savoir-être de l’auteur ?

Ça s’applique à l’écriture aussi 
D’accord ! Un auteur affirme « Moi, j’écris ! Je n’ai pas besoin de ça ! » Pourtant, il a tort ! Pour plusieurs raisons. Voici ce que permet l’adoption des principes de l’apprentissage et de l’amélioration continue : 
Accepter la responsabilité qui va avec le métier. En décidant de publier ses textes, l’écrivain s’engage auprès de ses lecteurs. Ils s’attendent à ce que l’auteur prenne tous les moyens à sa disposition pour progresser dans son rôle d’écrivain. 

Note : Ça commence par assumer ses choix et respecter son lectorat.
Explorer plus facilement d’autres facettes de la littérature. L’adoption d’un principe d’apprentissage continue permet de se libérer d’un style ou d’un genre qu’on nous colle à la peau. Par exemple, le passage du roman à la nouvelle, de la poésie au théâtre ou du fantastique au suspense, apporte un enrichissement personnel et professionnel. Vous serez ravis de voir vos lecteurs vous suivre avec enthousiasme. 

Note : Essayer d’autres styles, d’autres genres, écrire différemment est une belle manière de se placer hors de sa zone de confort. L’apprentissage devient encore plus performant.
Se renouveler. Apprendre continuellement permet d’améliorer le style, de mieux comprendre un sujet particulier et d’explorer plus facilement les comportements humains. L’auteur devient meilleur aujourd’hui qu’hier. Ce faisant, il augmente son niveau de satisfaction face aux résultats obtenus.

Note : Apprendre devient une source de bonheur.
Grandir en sagesse. Plus on en sait sur le métier, plus on devient à l’aise. Ça fait la différence entre afficher sa peur et son malaise dans ses contacts avec les autres écrivains et marcher la tête haute sans crainte et avec assurance. Le travail de l’auteur, amélioré constamment par l’apprentissage, confirme son droit à sa place dans le milieu littéraire. 

Note : Prendre la place qui nous revient dans un monde gonflé à bloc par l’offre est difficile. L’apprentissage permet de traverser la barrière, un pas à la fois, lentement mais sûrement.
Mieux digérer les crises. Aborder l’adversité en mode apprentissage aide à se sortir de l’environnement émotif. On propose plutôt la réflexion positive. Énoncer à un lecteur « je suis déçue que vous ne m’aimiez pas » brise la communication parce que l’auteur la transforme en émotion. Personne n’aime ça. Essayez plutôt : « Je vous remercie pour votre générosité. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous n’aimez pas dans le livre ?» Ainsi, en déplaçant la conversation vers un terrain concret en parlant du livre (un objet) plutôt que l’auteur (une personne), l’auteur crée un environnement qui met le lecteur à l’aise. L’auteur se place en mode écoute et il peut apprendre beaucoup en écoutant les lecteurs. 

Note : Peut-être que ce que l’auteur apprend par une telle conversation se retrouvera dans un prochain livre... qui sait ?

Dans mon prochain billet, je traiterai d’un sujet plus particulier de l’apprentissage, le coaching. J’ai ajouté ce volet à la demande de plusieurs. 
En terminant... 
Je vous laisse avec deux citations que j’aime beaucoup :

« Celui qui aime à apprendre est bien près du savoir. » 
Confucius

« Je ne perds jamais; soit je gagne, soit j’apprends. » 
Nelson Mandela

Je vous souhaite de belles heures d’écriture !
Suzie Pelletier