vendredi 7 octobre 2016

Lecture - Annie Larochelle - Amélia



Chronique sur la lecture
Auteure :   Annie Larochelle
Roman :     Amélia, l'emprise des anges
Catégorie : roman fantastique
Public : 15 ans et plus
Édition:  Véritas Québec 


C’était un mercredi de septembre 2015, à Jonquière. D’une habitude prise dès mon arrivée avec la maison d’édition Véritas Québec, j’aidais mon éditrice à monter le stand qui allait nous loger pour les quatre jours suivants, au Salon du livre de Saguenay Lac-Saint-Jean. Je plaçais les exemplaires sur les rayons depuis quelques minutes quand ce bouquin s’est retrouvé dans mes mains. 504 pages. Les couleurs de la pochette, un fond de blanc et de gris bleu avec quelques touches de rouges et de noir, attirent l’œil. Des plumes d’ailes fort distinctives y prennent une place prépondérante.

Hum... je tourne le livre et lis une ligne sur la C-4. « Qu’ils vivent dans l’Eden ou l’Enfer... un ange protecteur... pouvoir absolu... » Je suis étonnée. 

— Marie ! As-tu vraiment publié un roman sur les anges ? 

Mon éditrice sourit. Je constate que mon expression faciale parle plus fort que la simple phrase que je viens d’énoncer. Je sais qu’elle trie les milliers de manuscrits qui lui sont acheminés chaque année pour chercher des écrits particuliers, différents et originaux. Par contre, l’ésotérisme ne tient aucune place dans ma palette de choix littéraire. Au fil des semaines, écoutant Marie présenter le livre aux lecteurs, j’ai capté quelques phrases ici et là. « Un ange gardien possessif et autoritaire » fait suite à « peut-on s’oublier, changer même, pour l’amour ? » Intriguée, je profite d’une accalmie dans les visites au kiosque pour ouvrir le bouquin en son milieu. Je lis quatre, cinq pages. C’est bien écrit. Le texte coule de lui-même. Il pique vivement ma curiosité. Je ne sens pas l’ésotérisme même si Annie nous parle d’anges, de démons et de nephels. Je classerais plutôt le récit dans le fantastique. Il nous présente d’ailleurs une tournure légèrement médiévale. J’aime. Ce n’était qu’une question de temps avant d’acheter le livre et d’y plonger pour connaître l’histoire. Il me suffisait de libérer quelques heures de mon agenda pour le dévorer. 


 Amélie est une humaine spéciale, une étoile lumineuse, qui possède des pouvoirs qui l’amènent à combattre le milieu des ombres, au grand désarroi de son gardien invisible. Ce dernier, un être magnifiquement beau, est obligé de s’immiscer ouvertement dans les affaires terrestres pour sauver sa protégée. Ce qui devait arriver arriva. La jeune femme qui s’est battue pour son indépendance s’éprend éperdument de son ange, même si elle le trouve contrôlant, un peu trop autoritaire. De quel droit Menadel tente-t-il ainsi d’exercer son emprise sur la vie d’Amélia ? Pourtant, notre héroïne insiste. L’amour finit par triompher, transformant à tour de rôle les deux amants, les forçant à évoluer pour en sortir meilleurs. 

Par son style d’écrivain et sa façon de tricoter son histoire, Annie nous captive avec une trame qui bouge, nous garde en haleine, nous fait pleurer même. Le lecteur se place facilement dans la peau d’Amélia. Sa peur et sa rage deviennent les siens, son amour les émeut. À plusieurs reprises, j’ai voulu étrangler l’autoritaire Menadel pour sa façon de traiter Amélia comme une enfant. Surtout, j’ai rapidement « oublié » qu’Annie m’amenait dans le monde des « Anges et démons » pour laisser l’histoire d’amour se développer au fil des pages. J’ai adoré !

Bravo Annie ! 



Annie est née à Montréal et elle a vécu sa jeunesse à Laval, passant plutôt ses étés sur le bord du fleuve à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Grande lectrice de thriller psychologique, de fantastique et de polars, une vie secrète la plonge régulièrement dans l’écriture. Cette mère de deux enfants travaille avec acharnement pour ses recherches et la composition de son premier roman qu’elle voit apparaître sur les rayons des librairies en mai 2015. Je n’ai pas les pouvoirs de son personnage et je ne lis pas l’avenir dans les feuilles de thé. Mais je suis convaincue qu’elle n’a pas fini de nous surprendre avec ses écrits. Quel sera son prochain sujet ? Que ce soit une suite à Amélia ou un roman dans une autre catégorie, je sais déjà que je le lirai avidement. 

Peut-être que son rêve de voir son livre au grand écran se réalisera ? 


Où trouver le livre

Vous pouvez vous procurer le livre de l'une des manières suivantes: 

En format imprimé :

      Achetez-les directement d'Annie ou de Véritas Québec lors d’un prochain salon du livre;
      
      Demandez-le à votre libraire préféré; ou

      Commandez-le chez Véritas Québec à http://www.editionsveritasquebec.com

En format numérique :  

      Commandez par la librairie virtuelle de l’Alliance québécoise des éditeurs indépendants  (AQEI): 

              http://www.enlibrairie-aqei.com   


Bonne lecture !

Suzie Pelletier

mardi 27 septembre 2016

Lecture - Steeve Lapointe - Le venin japonais



Chronique sur la lecture
Auteure :   Steeve Lapointe
Roman :    Le venin japonais
Catégorie : 
polar
Édition:  Véritas Québec 
http://www.editionsveritasquebec.com


J'ai rencontré Steeve pour la première fois à son lancement à la bibliothèque de l'île Perrot  en 2015. Je tenais à encourager un collègue écrivain qui demeure dans ma région, d'autant plus que nos livres sont édités par la même maison d'édition. 

Steeve est né au Saguenay Lac-Saint-Jean et il y a poursuivi ses études. Du côté professionnel, il choisira les sciences de la santé. Il s'installera à l'île Perrot pour y établir sa vie de famille. 

Il est passionné des romans de Micheal Connelly, de James Paterson et de Tom Clancy. Ainsi, il ne faut pas se surprendre que son roman soit si épicé de "venin", d'intrigues haletantes et d'aventures périlleuses. Le roman de plus de 500 pages captive du début à la fin. L'auteur joue d'ailleurs avec nos sentiments. Je trouve normal de sympathiser avec les policiers et même, d'avoir envie de les aider. Par contre, je me suis prise quelques fois à compatir pour le terrible et malfaisant Hiro Yamashita. Curieux direz-vous ? Ne vous inquiétez pas... lui, je ne l'aurais pas aidé à atteindre ses buts. 

L'auteur a mis beaucoup d'années à peaufiner son roman. Le rêve de voir un jour son travail récompensé s'est enfin réalisé quand son livre a atteint le rayon des librairies. Ça l'a  poussé à poursuivre ses recherches et son écriture. Maintenant que j'ai lu le livre, je peux confirmer que cela en valait la peine. La trame de fonds fort dramatique se dessine dans l'environnement des Yakuzas, ces membres de gangs criminels fort bien organisés du Japon. Si mes lectures m'indiquent qu'ils ne seraient pas encore installés au Canada, le roman que nous présente Steeve en démontre la possibilité. Ça donne froid dans le dos.

Le roman - Le Venin Japonais

L'histoire commence à Vancouver où les Yakuzas, menés par Hiro Yamashita, font la loi à Vancouver. Habile à déjouer les plans des policiers, Hiro mène ses affaires illégales au vu et au su de tous. Il tue, ou fait descendre tous ceux qui se place sur son chemin pour lui nuire.  Sadique, s'il trouve le moyen de détruire les gens physiquement et psychologiquement. S'il reste en vie, William Tanaka paiera cher sa tentative de mettre le miafioso japonais en prison.  

Pourchassé par les familles chinoises de Vancouver, obligé de sauver sa vie et sa famille, Hiro transfère sa business dans la région de Montréal avec ses yakusas. Cette fois, son organisation se fond dans le décor québécois sous couverture légale. Jusqu'à ce qu'une tragédie vienne réveiller la colère du chef de clan. Sa vengeance sera impitoyable. Bien sûr, l'inspecteur Tanaka de Vancouver viendra porter son assistance à l'inspecteur Vézina qui est responsable de l'enquête sur ce groupe fort bien organisé et plutôt secret. 

Ça vous dit de lire ce livre ? Je ne suis pas surprise. Voici où se le procurer :


En format imprimé :

      Achetez-les de Steeve ou de Véritas Québec lors d’un prochain salon du livre;
      
      Demandez-le à votre libraire préféré; ou

      Commandez-le chez Véritas Québec à http://www.editionsveritasquebec.com

En format numérique :  

      Commandez par la librairie virtuelle de l’Alliance québécoise des éditeurs indépendants (AQEI ) : 

              http://www.enlibrairie-aqei.com   



Bonne lecture !

Suzie Pelletier

jeudi 22 septembre 2016

Voyage - Irlande - randonnée sur le Spinc


Chaque fois que je révise un texte créé lors d’un voyage, je plonge immédiatement dans les émotions vives qui accompagnaient nos visites. De notre expédition en Irlande, Denis et moi en sommes ressortis grandis. Ici, vous retrouverez quelques extraits du dernier récit écrit en 2004 au cours de notre premier voyage en Irlande. Vous trouverez le texte complet sur mon compte wattpad.com

www.wattpad.com/suziepelletier

Lors de nos sorties de trekking, nous devons accepter de partager la route avec d’autres humains même si nous ne les trouvons pas toujours... disons... adaptés à cette vie de nomade. 

« Sur le premier tronçon de notre excursion matinale, nos pieds foulent d’abord une route asphaltée qui, un peu plus loin, se transforme en terre battue. Elle est suffisamment large pour permettre aux véhicules automobiles de passer dans les deux sens, même si la circulation d’engin motorisé n’est plus autorisée. Plusieurs touristes examinent notre attirail avec une lueur étrange dans les yeux. Nous sommes habitués à un tel étonnement et nous n’en faisons pas de cas, tenant plutôt à contrôler notre hâte de pousser notre marche vers le sommet, loin de la cacophonie de la civilisation et des regards de curiosité. Heureusement, la plupart d’entre eux n’iront pas au-delà de la cellule de saint Kevin. Peut-être qu’ils resteront en bas de la montagne pour explorer le parc qui entoure le centre d’interprétation. Endimanchés, ils portent des sandales, tiennent une sacoche à la main, sont parfois munis d’une bouteille d’eau. Certains voyagent avec une glacière qui semble remplie de victuailles tant on les voit peiner sous le poids. Les visages et les habits reflètent tous les coins du monde. Ceux qui s’aventureront plus loin que les sentiers asphaltés reviendront avec des échardes et des ampoules en raison de leurs fourniments inadéquats. Les grimpeurs équipés pour la longue randonnée sont peu nombreux et détonnent par leur silence et leur sérénité. »

Comme toujours, dès que nous nous retrouvons seuls sur un sentier, peu importe où dans le monde, l’appel de la nature vivante et enveloppante nous subjugue. Voici un extrait de mes observations.


« La forêt luxuriante aux abords de la cascade laisse pénétrer quelques rayons de soleil qui en profite pour frapper de plein fouet les bouillons d’eau pour leur donner la couleur blanche de la neige. Seuls les bruits insistants et puissants, au lieu du silence des flocons virevoltants, nous rappellent la force du torrent. Des milliers de gouttelettes se transforment en minuscules arcs-en-ciel quand elles croisent les rayons de soleil, juste avant de s’écraser sur les roches qui jonchent le sol tout autour. Nous prenons quelques photos tout en retrouvant notre souffle puis, le cœur rempli de joie, nous continuons notre randonnée. »

L’arrivée sur un sommet a toujours quelque chose de grandiose et nos cœurs palpitent à l’unisson.


« L’ascension abrupte nous essouffle, mais l’arrivée au sommet de cet escalier d’au moins 600 marches nous subjugue. Le parcours débouche à ciel ouvert, juste au-dessus du Spinc, ce rocher qui descend presque tout droit dans le lac Supérieur, quelque 250 mètres plus bas. La vue nous captive. Même les vertiges qui m’assaillent soudainement ne peuvent réduire ma satisfaction face à cette vue grandiose. Le soleil est déjà haut dans le ciel. Ses rayons éclatants frappent les parois rocheuses et font scintiller le schiste qui se retrouve enchâssé dans l’immense mur de granit. Le lac supérieur s’étend à nos pieds avec ses eaux calmes et bleues. Tout au loin, on peut apercevoir le lac Inférieur qui brille sous les rayons du soleil. Tout au bout de la vallée, la tour médiévale ronde typique de l’Irlande, le cimetière ancien et les bâtiments en ruines du site monastique disparaissent sous la forêt luxuriante qui brille du vert habituel d’Irlande. N’appelle-t-on pas ce pays “l’émeraude” ? Aujourd’hui, je trouve que c’est fort justifié. »

Malgré ce que je viens d’écrire, ne vous méprenez pas sur notre nature de trekkeurs invétérés. Nous adorons aussi la civilisation... et tout ce qu’elle nous procure.

« Repus de grand air et d’émotions vives, nous échangeons nos bottes pour nos souliers. Abandonnant nos sacs à dos et nos bâtons de marche dans l’auto, nous repartons à pied, main dans la main, vers le resto-bar du parc. Les yeux brillants de souvenirs inoubliables, nous commandons deux bonnes bières. Denis déguste une Guinness noire et amère. Quant à moi, je préfère le goût de la Guinness Bitter, vendue au Canada sous le nom de Kilkenny. Nous apprécions ce moment de détente, au milieu de la civilisation, avant d’affronter les routes d’Irlande, tortueuses et étroites, pour rejoindre notre terrain de camping. » 

Pour lire le texte complet, je vous donne rendez-vous sur le site web de wattpad.com. Vous y trouverez également d’autres récits sur Paris, l’Écosse, la marche en montagne et, également une nouvelle dans la catégorie « policier ». Amusez-vous ! Lisez !

www.wattpad.com/suziepelletier

Bonne lecture ! 

Suzie Pelletier
Merci dencourager lédition indépendante 

jeudi 15 septembre 2016

Lecture - Lise Lacasse - Éclats de femme



Chronique sur la lecture
Auteure :   Lise Lacasse
Roman :     Éclats de femme
Catégorie : recueil de nouvelles
Édition:  Véritas Québec 
http://www.editionsveritasquebec.com

J’adore lire des nouvelles. Aujourd’hui, l’évolution aidant, la définition de cette catégorie s’est élargie, tant au Québec qu’en France. Autrefois, il fallait que l’histoire se termine obligatoirement en chute pour qu’on la reconnaisse comme une « nouvelle ». Plusieurs spécialistes littéraires tiennent d’ailleurs à garder cette ancienne définition, mais le mouvement de changement est très fort, presque irréversible. Depuis une dizaine d’années environ, on distingue la nouvelle comme ceci : un texte de fiction bref, que certains la limitent à 5 000 mots maximum, d’autres à 7 500 mots; les personnages sont peu nombreux et très caractérisés; l’auteur narre un évènement unique qui évolue dans un temps court et un univers concentré; l’histoire peut se conclure par une chute qui nous surprend.  

J’en ai lu qui ne se termine pas... laissant le lecteur choisir sa fin en fonction du changement psychologique proposé par l’histoire. D’autres font état d’une morale ou d’un apprentissage. Bref, la définition devient fort large. 

Quand j’ai commencé à écrire des textes courts, on les appelait des « récits » parce qu’ils ne se terminaient pas avec une chute surprenante. Aujourd’hui, cette catégorie littéraire, le « récit », se concentre sur la narration d’évènements vécus par soi-même ou dont l’auteur a été témoin. Si l’on peut jouer quelque peu avec les faits pour améliorer l’intrigue, il faut généralement se coller à la réalité.   

Le recueil que nous propose Lise Lacasse s’inscrit dans cette définition récente. Pas de chute au programme. Cette romancière et nouvelliste reconnue nous partage sept textes qui nous brossent chacun un portrait de femme avec sa destinée propre. Lise possède une belle plume. Pour chacune des tranches de vie qu’elle nous présente, elle nous captive en nous décrivant en peu de mots une personne au caractère si typique qu’elle pourrait bien appartenir à notre entourage, dans notre présent ou notre passé. Les textes se lisent très bien. Les mots coulent les une après les autres pour nous inclure dans le tourment émotif qui enveloppe le personnage. 

Lise Lacasse est née en 1938 à Lachine et elle réside actuellement en Outaouais. Dans son parcours de vie, elle a habité cinq ans à Washington et 17 ans à Paris. Si l’enseignement devient son gagne-pain pour quinze ans, Lise décide ensuite de se consacrer à sa carrière d’auteure. Au cours de ma recherche, j’ai répertorié six romans et trois recueils de nouvelles. Elle a aussi écrit des contes pour enfants et des dramatiques. Au défaut de la cuirasse a remporté le prix Benson and Hodges. La facilité d’un jour a reçu le prix Alfred Desrochers.



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Où trouver le livre

Voici comment vous procurer le livre : 

En format imprimé :

      Achetez-les directement à Jessica ou Véritas Québec lors d’un prochain salon du livre;
      
      Demandez-le à votre libraire préféré; ou

      Commandez-le chez Véritas Québec à http://www.editionsveritasquebec.com

En format numérique :  

      Commandez par la librairie virtuelle de l’Alliance québécoise des éditeurs indépendants : 


              http://www.enlibrairie-aqei.com   


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Bibliographie de l'auteure

Vous trouverez ci-après la liste des romans et des recueils de nouvelles de Lise Lacasse qui ont été publiés par diverse maison d’édition.

Recueils de nouvelles 

Au défaut de la cuirasse, Montréal, Les Quinze, 1977 ( 179 pages) (Féminisme) Recueil de nouvelles gagnant du prix Benson and Hodges.

Instants de vérité, Editons Trois, 1991, (149 pages)

Anthologie de la nouvelle au Québec (1936 à 1984) , Fidès, 1993

Les romans :


Les battants, Éditions du Marais, 2009 (255 pages)

Avant d'oublier, Editons Trois, 1997 (178 pages)


L'échappée, Triptyque éditions, 1998 (213 pages)


La corde au ventre, Éditions Trois, 1990 (125 pages)


Pour qui tu te prends, ma fille ? Éditions du Marais, 2010


La facilité du jour, Éditions Bellarmin, 1981 (286 pages)  (prix Alfred Desrochers)




Bonne lecture !

Suzie Pelletier


vendredi 9 septembre 2016

voyage 2016 - Maine - Le retour

                                              Autres textes de voyages aux États-Unis


Kirkland - le 2 septembre 2016 - Drôle de journée

C’est ça, un road trip ! On sait quand ça commence et d’où ça part, mais on ne connait ni la destination ni le temps de voyage.

Nous avons débuté la journée à Westbrook en banlieue de Portland et nous avons quitté l’hôtel à 10 h. Ça, c’est la certitude, un fait précis.

Nous avions choisi de suivre la route 25 jusqu’au New Hampshire, puis la 16 pour nous rendre à Conway. Oups ! Un mauvais tournant nous a mis sur la 302. Nous roulions ainsi depuis vingt minutes quand nous avons compris notre erreur. Un fou rire doublé d’un arrêt imprévu dans la cour d’un McDo... pour vérifier nos options. Pourquoi ne pas prendre un petit café avec ça ? Envoye donc ! La carte routière étendue sur la table et, bien sûr, le iPad connecté à l’internet, nous nous assurons que la 302 nous amène aussi à Conway NH. Comme elle est belle, bien entretenue et qu’elle passe dans les villages plutôt que les contourner, nous décidons de poursuivre notre périple sur ce chemin.

En arrivant à Conway, nous prenons la route 112 qui nous mène à Lincoln en traversant les White Mountains. Nous avons mis près de deux heures pour compléter le Kancamagus Highway, long d’à peine 55 kilomètres. Nos âmes de montagnard insistaient pour s’arrêter à chaque tournant, chaque rivière et chaque montagne. Le bonheur total !

Nous étions heureux de nous retrouver dans cette nature immense avec ses sommets de granit qui reluit sous le soleil. À défaut de grimper, car nos équipements de trekking étaient restés à la maison... pas très loin des maillots de bain, nous nous sommes contentés de contempler les magnifiques paysages et d’aborder les routes sinueuses avec précision. Voici quelques photos :



La rivière Swift. 

J’imagine qu’au printemps, le flot de la rivière y coule abondamment, mais en ce temps-ci de l’année, surtout avec l’été sec que nous avons eu, il ne reste que les cailloux et un mince filet d’eau. 


Rocky Gorge. Dans cette région, le granit est à la surface du sol. C’est d’ailleurs pour ça qu’on appelle ses montagnes « White Mountains ».

Pour atteindre la gorge, nous avons littéralement marché sur un immense pavé constitué d’un seul bloc de granit. 



La rivière Swift encore. 

Un peu plus haut dans la montagne.  



Les Three Sisters (les trois sœurs) au cœur des White Mountains. 










Voyager avec un photographe qui, lui, n’a pas le vertige, rend ma vie parfois difficile. Parce que moi, j’ai le vertige. Quand il se place ainsi les orteils dans le vide (Il y a le ravin juste devant lui), moi j’ai mal au cœur et je me sens étourdie... En ce moment, il a le dos accoté sur une poutre. Ce n’est pas pour m’aider à mieux vivre avec ses acrobaties, mais plutôt pour stabiliser la caméra... 



Mais... je sais que la photo sera extraordinaire !



La suite du voyage - plutôt imprévue

Nous sommes arrivés à Lincoln un peu après 14 h où nous avions prévu coucher une nuit. Il n’était pas question de chercher un hôtel en ce début d’après-midi. C’était bien trop tôt ! L’idée d’emprunter l’autoroute 93, puis la 91 pour rentrer chez nous ne nous enchantait guère. Nous n’avions pas assez vagabondé. Nous n’étions pas encore prêts pour un retour à la maison.

Un arrêt dans un petit parc, la carte étendue sur le capot de la voiture et les guides de voyage en main, nous avons vérifié les options. Elles sont d’ailleurs nombreuses dans cette région qui offre plusieurs sites touristiques. Puis, un point sur le plan m’a rappelé de bons souvenirs...

— Denis, pourquoi n’allons-nous pas dans le Vermont ? Il y a Montpellier que l’on connait bien et les Green Mountains... »

Je n’avais pas besoin d’élaborer mon idée. Les souvenirs de nos nombreux road trips dans le Vermont dans les années 80, alors que nous laissions les enfants chez mes parents à Sherbrooke, revenaient aussitôt dans la conversation. Nous avons repris la 112 vers l’ouest puis la 302 à nouveau. La route de campagne s’accompagne de nombreux effluves de la ferme... surtout à cette fin d’été. Le tout se mélange avec les odeurs des fleurs estivales et dont le parfum s’immisce dans la voiture avec insistance. En hauteur, les feuillus commençaient à tourner aux couleurs vives, une annonce claire de l’arrivée prochaine de l’automne.

Une fois à Montpellier, l’idée nous est venue d’aller souper aux abords de Burlington. Pourquoi pas ? C’est ainsi qu’à la fin de l’après-midi, nous filons joyeusement en direction du lac Champlain !

En dégustant notre repas accompagné d’un café Keurig Green Mountain, nous discutions les options qui se présentaient à nous pour la suite du voyage. Nous en retenions deux qui nécessitaient un débat.

  1. Trouver un hôtel à Burlington et y passer quelques jours;
  2. Retourner à Montpellier, ce soir ou demain pour la visiter (nous aimons cette ville).

Ici, dans le Vermont, nous étions en terrain connu. Tout nous semblait proche et toutes les routes s’accompagnaient de bons souvenirs. Si proche... quelques minutes de voyage ou quelques heures... pas plus. C’est ainsi qu’une troisième option s’est glissée dans la conversation. Tout à coup, la proximité de notre lit devenait fort agréable. Notre maison nous attendait à seulement deux heures de la route, plus ou moins le temps de passer la frontière. Notre routine du café du matin sur le patio... dans notre petit coin bistro. Soudainement, notre vie de retraités devenait invitante, confortable et essentielle...

La décision fut facile à prendre. Le temps de le dire, nous avons emprunté l’autoroute 89 vers le nord et la frontière canadienne. Pour le Vermont, nous y reviendrons plus tard.

Puis, le fou rire éclate dans l’habitacle. Nous ne traversons pas les lignes à Coaticook (plutôt Norton), à Lacolle ou à Stanstead, mais plutôt à Philipsburg...

C’est ça un road trip ! On sait où et quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit ni où l’on s’en va entre les deux !


La fin d'un road trip exceptionnel ...

Suzie Pelletier